Zwiener, Joseph-Emmanuel (1849-vers 1900)

Par dimanche 20 mai 2018 Permalink 1

Zwiener, immigré allemand comme beaucoup de ses collègues ébénistes parisiens, réalise entre 1880 et 1895, au 12 rue de La Roquette à Paris, des meubles reprenant les standards des productions du XVIIIe siècle. S’il exécute des copies du célèbre bureau de Oeben et Riesener, il s’approprie aussi les styles Régence, Louis XV, Louis XVI, en mélangeant allègrement leurs caractéristiques sur une même réalisation qui dévoile, par exemple, à la fois les galbes du Louis XV, les motifs décoratifs du Louis XVI et les bronzes du Régence. Ainsi ses créations en deviennent presque originales, cela plait et lui vaut une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1889. L’artiste vend son très riche, (trop riche?) mobilier emprunt de virtuosité et de précision à une clientèle fortunée notamment britannique. Pour Kjellberg (auteur du Meuble français et européen du moyen-âge à nos jours), son style se rapproche en fin de compte du Rococo bavarois.

Beaucoup des productions de Zwiener lui furent attribuées tardivement car l’ébéniste “avait pris l’habitude d’estampiller ses créations sur l’envers de ses serrures en bronze, un endroit peu accessible pour ‘examen” (La Gazette Drouot n°1436). La commode en une (91 x 115 x 57,5 cm) en est un exemple. Elle fut mise en vente chez Cannes enchères svv, le 25 octobre 2014, sur la base d’une estimation comprise entre 12 000 et 18 000 €. Ci-dessous un autre exemple des productions de Zwiener, plus somptueux, plus exubérant, avec ce secrétaire, 131 x 135 x 60 cm, qui chez Nice enchères, le 23 juin 2015 fit 50 820 €.SAM_7082

Enfin signalons la vente du splendide bureau, ci-dessous, chez Tessier Sarrou à Drouot, (167 x 148 x 85 cm) qui se solda par un résultat approchant les 120 000 €.SAM_7080

Une exécution raffinée, des motifs décoratifs abondants, un fini irréprochable, des bronzes de haute qualité caractérisent donc le travail de Zwiener. En 1895, il vend son atelier à Jean-Henri Jansen, un hollandais, et rentre continuer son travail en Allemagne.

Frédéric Le Quer