Zinedine Zidane

Par vendredi 1 juin 2018 Permalink 3

Zinedine Zidane est un génie du football. Bon, d’accord. Le bruit de  sa démission d’un club étranger fait un barouf sensationnel dans les médias. Là, vraiment de quoi être eberlué! Quelle histoire! En y réfléchissant un peu je pense à ce vieux film, Rollerball, où un joueur inégalable devient le symbole même d’un jeu inventé par le scénariste,  le jeu en soi, l’idole absolu pour tout un peuple. La différence essentielle est qu’au contraire du héros sportif imaginaire qui présente un risque pour les apparatchiks du régime,  notre monde utilise le sportif pour faire diversion, pour distraire le public de ce qui compte vraiment pour lui. La star sportive ne déstabilise pas le régime, elle le renforce, elle devient la garantie de sa pérennité, un rouage dans la domination des masses lobotomisées par des sujets bénins comme celui de la démission d’un entraîneur de foot. La dérive démocratique est évidente et en passant par une sorte de “démocrature”, soit une démocratie d’apparence typiquement comme celle où on vit, la dictature s’installe en catimini.

Bien que strictement rien de ce qui arrive à Zinedine Zidane n’aura jamais d’impact sur notre vie, le milliardaire est le centre de préoccupations permettant à chacun d’oublier les affres de la vie quotidienne. La télévision essaye aussi de starifier les capitaines d’industrie. Un soir, récemment le journal de TF1 a diffusé un long publireportage sur Bernard Arnaud, en famille, musicien, concertiste, méconnu des français. Méconnu, le pauvre! En revanche plus les débats primordiaux se développent dans des cercles fermés, plus le citoyen en est éloigné. Que le PDG de LVMH joue du piano, grand bien lui fasse! Il pourrait même s’essayer à l’accordéon sur un air de bal musette, ça ferait le même effet! Et si demain Zidane part en retraite ou veut jouer du trombone à coulisse, ce sera pareil pour moi, ce sera pareil pour nous tous. En revanche, ce qui se joue entre Draghi, Salvini, Soros, Mattarella, Junker et les allemands impactera inéluctablement notre vie quotidienne dans quelques mois. Des trillions sont en cause. Soit leur disparition pure et simple, soit leur perpétration pour un club de privilégiés ou même, comble du choquant pour des individus comme Macron, soit une meilleure répartition des richesses avec le peuple… Aujourd’hui si l’Italie est mise à genou par les marchés financiers, la démocratie aura définitivement perdu., mais pour nos médias, rien ne compte plus que le destin d’un seul homme, Zinedine Zidane…

Frédéric Le Quer