Zemmour et les hommes liges du CSA

Par samedi 11 septembre 2021 Permalink 1

Les français ne s’étonnent plus de rien et se soumettent de bonne grâce à la remise à plat de leurs droits naturels en démocratie. Après avoir fait passer par pertes et profits le secret médical, après avoir renoncé à leur libre circulation à cause des lois sanitaires imprévisibles et à cause du prévisible séparatisme des occupants immigrés  sur une partie du territoire qu’ils se sont appropriés, les voilà maintenant soumis à une problématique liée au droit à l’information, ou même pire au droit à ne pas être inquiété pour ses opinions, avec le cas Zemmour, emblématique puisqu’il est devenu la figure de proue de l’antimacronisme.

Chez les éditorialistes, ces gens qui tentent d’influencer la population, Eric Zemmour est presque tout seul à s’opposer au pouvoir dans le cadre de son métier, la plupart de ses confrères s’évertuant à approuver péremptoirement toutes les mesures prises depuis le début du quinquennat. Chez les politiques MLP est aux oubliettes. Quand a-t-elle émis pour la dernière fois une vraie critique envers le pouvoir? ça se perd dans la nuit des temps! Les LR ou ex LR sont consternants avec leur incapacité qu’ils ont à se frotter courageusement à l’adversaire pour gagner. Ils devraient se rappeler de Mitterrand qui pour battre Giscard a passé sept années à le pourfendre sur tous les sujets, même avec mauvaise foi. Mais leur punch est à zéro! L’opposition de gauche est aussi médiocre que l’opposition de droite mais inutile d’insister elle ne rassemble malgré toutes ses composantes plus qu’un quart de l’électorat à cause de son immigrationnisme entêté qui l’empêche de se différencier vraiment du pouvoir actuel.

Le cas Zemmour ne date en fait pas d’aujourd’hui mais que ce soit avec ses éditos écrits qui s’adressaient à un petit public ou ses passages le soir tard à la télé ou le matin tôt à la radio avec ses positions noyées dans un fatras de sujets divers et variés, son intelligence n’était pas aussi bien mise en valeur que sur Cnews à 19 heures la semaine. C’est bien l’inquiétude du pouvoir. Le CSA veut donc le faire taire parce que toute la France l’écoute et l’entend. Pour ce conseil composé d’hommes liges de la macronie, le journaliste représente le bâton dans les roues d’une réélection a priori facile du président, d’autant plus qu’une espèce de prime au sortant devient la nouvelle règle électorale en France avec Emmanuel Macron en campagne mais néanmoins tout à fait autorisé à l’être sans avoir un temps de parole restreint pour donner leur chance à ses concurrents. Grâce à cela, il en profite pour se montrer et discourir sans cesse partout à travers la France. C’est l’overdose pour ceux qui ne l’aiment pas, mais comme les journalistes l’adorent, notre intoxication au macronisme n’en finit pas!

Avec cette nouvelle donne, c’est-à-dire un Zemmour en capacité d’imprégner dans l’opinion et de faire tache d’huile en influençant ses confrères pour contredire la doxa venue de l’Elysée, la peur du CSA, instrument du pouvoir en place, est sensée.

Même si Zemmour n’est pas candidat, même si les électeurs ne votent pas pour lui si il est candidat, il sème jour après jour cette graine de l’intelligence qui incite les gens à penser la manière dont ils sont gouvernés et à penser du coup qu’ils sont mal gouvernés. Et l’omniprésence présidentielle dans les journaux, à la radio, à la télévision n’y change rien. A force de voir Macron avec ses phrases toujours à peu près les mêmes qui se veulent pédagogiques et ses mimiques de vieil acteur sur le déclin, le citoyen se rebute plus facilement grâce aux outils d’analyse que Zemmour lui a transmis. Même les courtisans commencent à craindre le ridicule en l’applaudissant aveuglément.

Il faut donc faire taire Zemmour pour que rien ne change en France.

De Gaulle en 1958 déclarait: « Est-ce que j’ai jamais attenté aux libertés publiques fondamentales ? Je les ai rétablies. Et y ai-je une seconde attenté jamais ? Pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ? ». Il n’y avait en effet aucune raison que De Gaulle commence une carrière de dictateur. Mais Macron, à 43 ans ne peut pas se prévaloir de n’avoir pas attenté aux libertés fondamentales quelles que aient été ses raisons. Et maintenant il s’énerve, il trépigne, cherche à punir celui qui ne pense pas comme lui. Une nouvelle carrière qui commence pour Macron?

Frédéric Le Quer

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