Wokisme à Londres

Par mardi 23 novembre 2021 Permalink 1

Secoué par le wokisme, mon week-end à Londres fut un calvaire. En effet, je vécus comme une micro agression mon arrivée à Waterloo station. Je traversai en courant Trafalgar square pour me réfugier dans la National Galery qui ne manque pas de sublimes peintres… français dont les tableaux devraient au plus vite être restitués à leur patrie d’origine, quitte à rouvrir la guerre de cent ans. Ma promenade dans Hyde park fut gâchée quand je vis de loin l’ignoble silhouette de Wellington perchée sur un arc de triomphe. Répugnant! Dans un élan plus woke que jamais, je décidai alors d’haranguer la foule à Speaker’s corner mais vis qu’à mon grand désespoir je n’intéressai personne en utilisant la langue de Molière, parlant celle de Shakespeare comme une vache espagnole!

Mon malaise était à son comble. Une blessure à vif me faisait détester l’Angleterre. Ma conscience militante d’être un citoyen du plus beau pays du monde se heurtait au chauvinisme mesquin d’un pays replié sur lui-même et son histoire séculaire que j’honnis alors. Où que je me tournai, ma patrie se trouvait rabaissée. Alors mon sang ne fit qu’un tour, je quittai l’horrible capitale britannique et partis pour… Hastings. Quel beau souvenir que celui où Guillaume le Conquérant avec ses soldats normands et bretons fit rendre gorge au roi anglo-saxon dont tout le monde a depuis longtemps oublié le nom! Je choisis un des multiples hôtels sur le front de mer et de ma chambre regardant la mer, j’imaginai la glorieuse flottille française s’emparant de la perfide Albion. Je dînai le soir d’un dégoûtant repas typiquement anglais mais avant de monter me coucher susurrai par vengeance à l’oreille de ma logeuse “William the Conqueror, quel héros sans pareil!”. Elle prit un air pincé, s’engouffrant dans ses appartements pour ruminer l’échec de ses aïeux.

En rentrant en France je comprenais alors mieux Rama Yade. Je lui envoyai un message sur les réseaux sociaux pour la soutenir. Un jour aussi le Sénégal aura à Paris son heure de gloire. Que diriez vous d’une place des dealers de crack dans le 19e arrondissement de Paris. Quel bel hommage à la grandeur de votre pays!

Frédéric Le Quer

PS: en une la Tapisserie de Bayeux, bien sûr!

 

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