Union Européenne versus démocratie

Par Mardi 5 juin 2018 Permalink 8

Alors que l’Union Européenne s’identifie de plus en plus à un libéralisme forcené qui repousse les populations en leur imposant une austérité mortifère, ses tenants s’essayent à deux types d’argumentaires non opposés l’un à l’autre pour la défendre.

Le premier est de nous ramener 3/4 de siècle en arrière juste après la deuxième guerre mondiale. L’Europe unifiée devient alors “une association de perdants”, “un club d’humiliés”. Un trait est tiré avec audace sur de longues décennies pour ramener les gens dans le passé, pour dégrader leur histoire nationale et justifier ainsi leur mise sous coupe réglée par Bruxelles comme s’ils ne méritaient plus de s’autodéterminer. L’important est alors de rabaisser chaque peuple composant l’UE comme des mauvais enseignants, des mauvais éducateurs ou même parfois des mauvais parents rabaissent sadiquement un enfant pour le faire plier. L’ennui est que l’opération est risquée car si on ne réussit pas ainsi à inhiber les européens, on en fera des rebelles acharnés.

Le second argumentaire est complémentaire au premier. Il tente de ridiculiser les penchants actuels des européens pour plus de souverainisme. Là encore, il s’agit avant tout de dénigrer les peuples pour leur dénier leur droit de choisir leur avenir. Avec des formules qui ne veulent rien dire mais dignes de publicitaires biberonnés au lait de mai 68,  le populisme devient “le peuple sans la démocratie” ou “une phase d’incohérence”. Ses adversaires se gaussent d’alliances qu’ils disent hétéroclites en ne voyant que la paille dans l’œil du voisin sans voir la poutre dans le leur car aujourd’hui: Où est le pluralisme de la presse? Où est la démocratie dans une Union Européenne dirigée par des fonctionnaires qui n’ont de comptes à rendre à personne? Où est la séparation des pouvoirs quand le législatif est de plus en plus soumis aux décisions de tribunaux internationaux?

Non, les hommes ne cherchent pas à provoquer des catastrophes comme le disait le chroniqueur de France Culture Jacques Munier ce matin à 6h40 en reprenant des textes diffusés exclusivement par la presse bien pensante.  Ils aspirent au bonheur et ont encore cette pulsion de vie qui les poussent à essayer de rester eux-mêmes. Quand il pose la question de savoir qui a besoin de Donald Trump, du brexit ou d’une Catalogne indépendante, il s’associe à ces ploutocrates qui cherchent à ôter aux électeurs leur pouvoir de décision, leur droit à la démocratie.

Frédéric Le Quer