Une société malade

Par mardi 30 juillet 2019 Permalink 6

Le porte-parole Dmitri Peskov avait commenté début décembre 2018 à propos de la crise des gilets jaunes qui battait son plein: “Pour nous, il est important que ces troubles ne fassent pas de victimes humaines et de blessés”. Poutine quelques jours plus tard en avait directement rajouté une couche en semblant comprendre le mécontentement des “français de souche” dû à la hausse du coût de l’énergie. Hier soir la diplomatie française se vengeait en appelant à la libération des personnes incarcérés suite au “nombre important d’arrestations et de détentions (qui) ont suivi les manifestations pacifiques de ces derniers jours à Moscou” et en exprimant “sa profonde préoccupation devant ces évolutions récentes” de la situation russe.

On s’amuse bien dans les chancelleries mais il n’y a pas un dirigeant pour rattraper l’autre. Les pouvoirs se crispent partout dans le monde devant les interdits que les peuples tentent de faire voler en éclat pour reprendre la main. Les chefs d’état n’ont jamais la moindre empathie pour leurs concitoyens et agissent comme des sociopathes espérant pouvoir soigner par des brutalités policières et des séquestrations arbitraires, des démocraties malades. Quand Poutine fait grossièrement exclure des candidats pour un scrutin local, Macron, plus subtilement, fait en sorte avec par exemple le référendum d’initiative partagée pour aéroport de Paris, que ses médias n’en parlent purement et simplement pas! Dans les deux cas le pouvoir du peuple est bafoué. D’ailleurs, l’Union Européenne toute entière qui a depuis la création de la monnaie unique géré dans l’entre-soi des milliardaires au mépris des intérêts du peuple, les questions économiques et financières, n’a aucune leçon à donner à qui que ce soit en matière de démocratie.

Les dégradations en série de permanences de parlementaires de la majorité présidentielle ne sont que la réponse d’une société malade. Tous ces accords commerciaux à l’échelle mondiale représentent des reculs du droit à la détermination du statut politique d’un pays par ses habitants et la création d’une autorité supranationale et planétaire.

Par ailleurs, aujourd’hui, on a retrouvé Steve mort dans la Loire. Le macronisme a encore frappé en répondant de manière soi-disant “proportionnée” à une soirée de la fête de la musique qui durait un peu trop longtemps. Nos chefs deviennent fous. A quand le grand coup de semonce pour les mettre à bas?

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?