Un plaidoyer libertarien à la télé

Par mardi 21 août 2018 Permalink 7

Un western était diffusé hier sur la chaîne Arte. Son titre, les prairies de l’honneur. Un film de 1965. Antimilitariste, incontestablement. Anti état aussi et c’est ce qui le rendait surtout intéressant.

Un plaidoyer profondément libertarien d’une heure et demi. Le rejet de la guerre de sécession par une famille américaine ne devient plus qu’un prétexte à un hymne à la liberté. Elle veut vivre en vase clos sur ses terres, ignorante d’affaires qu’elle estime ne pas la concerner. Elle ne demande rien à personne, n’a de merci à dire à personne. Son travail seul la fait subsister. Cette extraordinaire indépendance est revendiquée à chaque scène.

L’état est ici honni. L’état apporte aux protagonistes de l’histoire d’inéluctables malheurs. A aucun moment il ne les sert. Au contraire, il les brise. L’espoir ne renaît que lorsque à nouveau les personnages vont enfin pouvoir se retrouver entre eux, vivre dans leur ferme, de leur ferme car l’état et l’armée sont injustes en ne respectant pas le droit des héros. Le droit à la propriété. Le droit à leur libre arbitre. Le principe de non agression, fondement du libertarianisme “qui affirme que nul ne peut prendre l’initiative de la force physique contre un individu, sa personne, sa liberté ou sa propriété” (Wikipedia) est mis en avant dans le film pour montrer à quel point l’état le bafoue et incite les citoyens à ne pas le respecter. L’état rend alors l’homme mauvais.

Impossible de dire s’il s’agit d’un film de droite ou de gauche. Mais une notion y est fondamentale: la responsabilité individuelle. Alors que, dans nos sociétés modernes, les individus sont de moins en moins responsables de leurs actes, certains même devenant irresponsables à cause d’une compassion à leur égard complètement extravagante, les valeurs du film d’ Andrew V. McLaglen se reçoivent comme la vision d’un jardin d’Eden difficilement imaginable dans le monde subi aujourd’hui.

Frédéric Le Quer