UE: voter ou ne pas voter

Par lundi 8 avril 2019 Permalink 1

That is the question! Et la réponse se situe dans le fait de savoir si l’oligarchie peut continuer son accaparement de la souveraineté et des richesses avec, par exemple, seulement 20% de votants. Peut-elle, avec des œillères, négliger l’abstention massive, protégée par un état policier, un état où le flic mieux payé que le reste de la population, se met corps et âme au service de la ploutocratie, au service du capital pour brider les aspirations populaires? Un état où le flic devient l’accompagnateur des médias comme ses syndicalistes le sont tous les samedis par leurs commentaires à la télé pour brider les français?

On est tenté de penser que pour les dirigeants seul compte le résultat comme lors de la dernière présidentielle. Avec la manière, ils s’arrangent, fabriquent un récit matraqué afin de continuer à singer un régime démocratique. Et pour enrober la fiction, des chiffres fabriqués pour témoigner de la redistribution des richesses, sont assénés à la face de tous ceux qui s’appauvrissent un peu plus tous les jours pour s’auto-féliciter de la politique suivie et pour leur reprocher leur propre déclassement. Comme tout se passe ainsi actuellement contre l’évidence de milliardaires toujours plus milliardaires et d’un peuple de moins en moins aisé financièrement, on est tenté de dire encore que les absents de l’isoloir ont tort, qu’ils subiront le joug de l’état parce qu’ils n’ont pas choisi entre la peste et le choléra, qu’ils n’ont pas été capables de renverser la table dans les urnes.

Mais sans rameuter l’histoire de France et ses révolutions, il y a eu novembre et décembre 2018 où le gouvernement a manqué d’être chassé par la rue. Ces samedis là, les gilets jaunes ne se sont pas vraiment aperçus de leur avantage sur le terrain, de leur pouvoir de tout faire basculer. L’état, après l’effet de surprise, a repris de dessus en payant largement la police pour se maintenir et contrer les révolutionnaires. Il reste que le peuple a eu une chance que jamais les élections ne lui ont fourni. Qu’est-ce qu’on nous propose maintenant pour contrer Macron légalement? Mélenchon, un immigrationniste perdu dans une alliance farfelue avec le monde arabe. Marine Le Pen, une dame plus avide de pouvoir que d’idée dont on ne sait plus très bien si elle est souverainiste ou pro européenne. Et les autres? Si mes penchants vont vers Asselineau ou Philippot, comment ne pourrais-je voir qu’ils n’ont pas la moindre de chance d’avoir un seul député!

Compliqué car il est évident que si le RN arrive en tête, Macron sera fortement déstabilisé, de moins en moins facile à légitimer par ses médias donc moins apte à mener sa politique. Mais ne pas participer au cirque, ne pas aller voter et faire rendre gorge le samedi à la nomenclature ne manquerait pas de panache, au contraire…

Frédéric Le Quer