Troubadour

Par dimanche 9 septembre 2018 Permalink 1

Les artistes peintres du style troubadour aimaient Raphael, Poussin et les primitifs toscans. Imprégnés par la nostalgie d’une France monarchique à jamais disparue, les châteaux médiévaux, les cryptes, les églises, les tombeaux, les jours de tournoi sont les décors et l’occasion de scènes inspirées de l’histoire de France, d’Angleterre et de partout en Europe. Elles sont colorées ces scènes. Elles sont aussi parfois pathétiques ou romantiques. Traités en petit format, les collectionneurs du XIXe siècle, le XIXe siècle étant le siècle du style troubadour allant avec le renouveau de l’art gothique, les collectionneurs, donc, se les arrachent. Traités en grand format, le style troubadour s’offre la part du lion des commandes publiques dans les ministères, les mairies, les gares, voire aussi dans les dictionnaires pour illustrées avec une certaine emphase un événement de notre histoire.

Cette réappropriation artistique, partout en Europe, d’un passé national se fait au dépens des scènes de l’antiquité et des mythologies. Même les très grands peintres en sont friands comme Ingres ou Delacroix. Mais les architectes et les créateurs d’objets d’art ne sont pas en reste pour participer à ce qui est appelé le néogothique ou le néo renaissance. Par exemple, une paire de candélabres en bronze argenté, voir l’image ci-dessous reprise à la gazette Drouot, semblable à celle du musée du Louvre, 84 x 45,5 x 28,5 cm était présentée le 23 juin 2015 par Marc-Arthur Kohn avec une estimation entre 60 et 80 mille euros sans néanmoins trouvés preneur.

Si il est communément admis que le style troubadour porté sur les scènes d’intérieur dans la lignée de la peinture hollandaise du XVIIe siècle s’arrête avec l’arrivée du mouvement impressionniste, il est intéressant de voir qu’il perdure en Alsace-Lorraine après la guerre de 1870 comme la plainte patriotique de provinces provisoirement perdues. La paire de vases balustres polylobés en verre fumé, ci-dessus, signée Emile Gallé, vers 1885-1890, avec un damoiseau au lévrier sur l’un (voir photo ci-dessous) et une demoiselle sur l’autre, gravée à l’acides et rehaussée d’émaux polychromes , 24 cm de haut, fut adjugée 12 894 € chez Corbeille Essonne ovv le 8 avril 2017.

Frédéric Le Quer

PS : En une, par Eugène Delacroix, Louis d’Orléans montrant sa maîtresse au mari qui ne la reconnait pas!!!