Sur les marchés

Par lundi 28 février 2022 Permalink

Concernant la présidentielle, la guerre en Ukraine ne semble pas avoir fait beaucoup bouger les lignes sur les marchés, en tout cas. Les anti-Zemmour restent anti-Zemmour avec un argument en plus consistant en sa supposée connivence avec Poutine. Les pro-Zemmour ne sont en revanche pas ébranlés par les bruits de bottes largement amplifiés par la propagande médiatique, leur engagement étant avant tout un choix civilisationnel français. Tous les partis politiques, à l’exception notable du Rassemblement National, tractent dans la dernière ligne droite de cette fausse campagne électorale. Où j’étais, les zemmouriens étaient les plus nombreux et largement. S’agissant de l’acceptabilité des prospectus par les passants, elle est à peu près la même dans chaque camp, je m’en suis rendu compte étant à coté d’un LREM avançant masqué comme d’habitude, d’un LR, d’un PS et d’un mélenchonniste. Ce qui est le plus horripilant, ce ne sont pas les contradicteurs mais ceux qui crient très agacés “yen a marre de la politique”. Qu’on puisse penser autrement dans une démocratie est acceptable évidemment, mais qu’on puisse se foutre du devenir de son pays dans un moment aussi crucial est lamentable.

Le samedi, une militante “Reconquête” d’origine russe m’alertait sur les dissensions entre le patriarche de Constantinople (Kiev) et celui de Moscou représentant un point important dans le conflit actuel. La dimension chrétienne orthodoxe n’est jamais prise en compte par les médias occidentaux qui n’y comprennent rien. C’est sans doute aussi une des clés absentes des tentatives de médiations d’Emmanuel Macron qui l’a fait échouer. Si avant de s’agiter dans tous les sens, le président français avait mieux travaillé son dossier, on n’en serait peut-être pas là. Mais les problèmes religieux, culturels dépassent largement le locataire de l’Elysée comme on le voit si bien France. Et c’est d’ailleurs un drame. C’est d’ailleurs ce qui poussent des gens a priori de milieux socio-professionnels de gauche à soutenir Eric Zemmour. Je tractais le lendemain en compagnie d’une artiste plasticienne et d’un professionnel de la restauration de monuments historiques en péril. Les deux, chacun de leur coté, allaient déjeuner plus tard avec des amis à l’autre bout du spectre politique. Ils en riaient et m’avouaient que comme moi, ils se fichaient du programme de leur candidat mais que seul comptait sa vision de la France au sein d’une histoire catholique et d’une vision des français baignés par une instruction ambitieuse et assimilatrice. J’avais à faire incontestablement à des gens d’un milieu plutôt supérieur et il sautait aux yeux en quoi le zemmourisme se différenciait du lepénisme avec cette exigence intellectuelle qui séduit ceux qui ne voteront jamais pour Marine Le Pen. Si le parti en a évidemment conscience, je ne découvre rien, ceci est su depuis des mois, il doit encore mieux s’appuyer sur ce type de personnes qui en draineront forcément d’autres dans leur sillage.

Zemmour doit devenir un must car élitisme et populisme peuvent aller de paire; il suffit de développer le concept.

Frédéric Le Quer

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