Squid Game

Par dimanche 17 octobre 2021 Permalink 1

En quelques semaines, 111 millions de foyers à travers le monde ont déjà regardé la sulfureuse série coréenne Squid Game avec son atmosphère infernale.

Le cinéma coréen en perdant petit à petit sa caractéristique théâtrale avec des acteurs qui surjouent leurs sentiments utilisant pour ce faire des mimiques qu’un occidental trouvera puériles, s’internationalise grâce à ses sujets intelligents et difficiles mais traités avec fluidité sur l’absurdité de la condition humaine que les crises économiques et sociales révèlent plus encore. “Parasite” (il faut voir ce film absolument), palme d’or à Cannes puis oscarisé à Hollywood, a su montrer la voie en étant sur les gammes de la comédie, de  l’horreur, de la catastrophe pour témoigner de la réalité d’un mal-être pas seulement coréen mais universel. Vous m’avez compris, ce cinéma d’Asie est tout le contraire du cinéma français actuel qui se regarde le nombril de peur d’avoir à montrer des vérités politiquement incorrects sur le monde actuel!

Pour en revenir à Squid Game, la série m’a fait penser à “On achève bien les chevaux”, ce film se déroulant pendant la grande dépression aux Etats-Unis où les couples dansent jusqu’à épuisement pour gagner de l’argent en restant les derniers sur la piste. La déraison est la même. Les ressorts sont les mêmes avec l’objectif de souligner la dureté implacable de la vie. Squid Game a une dimension marxiste avec des organisateurs ultra riches qui utilisent de miséreux gladiateurs pour leur amusement. Si la lutte des classes y est bien réelle, le ressort dramatique naît surtout de l’adage que l’homme est un loup pour l’homme. Tous les pauvres participants au jeu sont prêts à tuer leur voisin pour s’enrichir et n’hésitent pas à le faire en utilisant aussi bien la violence à l’état brut que la traîtrise par les sentiments. Ils ne valent guère mieux que les organisateurs. Tout l’échec du marxisme est ainsi résumé!!!

Alors que le téléspectateur a compris depuis longtemps que le gagnant sera celui qui a été le plus altruiste, la fin le replonge dans un abîme de folie où la condition humaine apparaît encore plus désespérément qu’au commencement. Il n’y a pas d’issue.

Mais pas d’inquiétude! Le package de la série avec ses couleurs acidulées ou ses paillettes étincelantes qui accompagne un synopsis redoutable rend le visionnage plaisant, palpitant même.

Frédéric Le Quer

 

 

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