Sommet de l’OTAN

Par mercredi 11 juillet 2018 Permalink 5

“Berlin, l’unique objet de mon ressentiment”, s’écrie Donald Trump en arrivant au sommet de l’OTAN en paraphrasant Pierre Corneille. Bon d’accord, le président américain ne paraphrase peut-être pas un vers de la pièce Horace mais incontestablement il en a encore et toujours après l’Allemagne qui ne met au pot de l’organisation de l’Atlantique nord que 1,25% de son PIB alors qu’il est demandé aux membres de verser 2%. Et le chef d’état de faire un parallèle avec le comportement du pays dans la guerre commerciale qui l’oppose à Berlin: “Nous avons un énorme déficit commercial avec l’Allemagne, en plus elle paye bien moins qu’elle ne le devrait pour l’Otan et le secteur militaire. Très mauvais pour les USA. Ca va changer”.

Le machin que De Gaulle analysait déjà ainsi: “L’Europe ne pourra naître et se développer que lorsqu’elle sera affranchie de la tutelle américaine, ce mortifère convoi qu’est l’Otan, ce MACHIN inutile et oh, combien dangereux !!!”, n’a plus guère de raison d’être. Le général le trouvait inutile à partir du moment où l’URSS s’était dotée de l’arme nucléaire, alors maintenant que les soviétiques ont disparu l’organisation ne fait qu’entraîner les alliés des américains dans des conflits qui ne les concernent pas. Si la France n’était pas sortie de l’OTAN, elle n’eut d’autres choix que de faire la guerre en Corée, au Vietnam, en Irak… à la solde des anglo-saxons. Mais comme Donald Trump l’a un jour dit lui-même l’OTAN est “obsolète” dans sa forme actuelle. Le président américain dont les regards se tournent surtout vers l’Asie, ne tient pas à assumer une coûteuse défense de l’Europe. Défense contre qui d’ailleurs, on se le demande… Pas contre la Russie puisque d’aucuns veulent maintenant l’intégrer à l’OTAN mais peut-être  serait-elle utile cette défense contre les ennemis de l’intérieur, les islamistes? Mais l’OTAN n’est pas faite pour la guerre civile dont on se rapproche de plus en plus.

Donald Trump se sert dorénavant de l’OTAN pour faire en sorte que l’organisation devienne un lien entre les Etats-Unis et la Russie. Dans cette stratégie géopolitique l’UE est la dernière roue du carrosse et le plus grand pays de l’union est vilipendé avec dureté d’autant plus aisément que l’Allemagne est divisée à l’intérieur de ses frontières tout autant que le sont entre eux les pays de la vieille Europe. L’Union Européenne qu’on a si longtemps assimilé à la paix, devient un vecteur de déstabilisation en s’accrochant à un temps dépassé où elle se trouvait bien tranquille sous la tutelle américaine. Ce monde est fini et l’UE est incapable d’en tirer les conséquences.

Frédéric Le Quer