Services publics et fonctionnaires

Par Mardi 10 avril 2018 Permalink 5

Il faut comprendre le mot fonctionnaire employé dans le titre par commodité au sens large, sens englobant le statut des cheminots par exemple.

Le gouvernement et les syndicats sont volontairement dans une sémantique confuse. Le gouvernement, dans sa volonté de démanteler les services publiques mélange sciemment services publics et fonctionnariat. Les syndicats font croire que le statut de fonctionnaire du personnel est irrémédiablement lié à la qualité du service public. Le citoyen n’est plus qu’un alibi dans le conflit.

Tout le monde sent bien que le statut des fonctionnaires est injuste par rapport à celui du reste de la population. Il ne retrouverait sens que si le secteur privé payait mieux ses salariés, que si les travailleurs indépendants n’étaient pas obligés pour joindre les deux bouts de travailler 60 heures par semaine. Si évidemment le mot privilège, employé dans certains sondages d’opinion ou par des médias cherchant à cliver la population, est complètement exagéré pour parler des fonctionnaires, il permet de créer une guerre larvée entre pauvres ou moyens pour mieux faire oublier les vrais privilégiés, riches et débarrassés de leurs obligations sociales. Le gouvernement veut à tout prix équilibrer les comptes publics pour maintenir un système qui ne profite qu’à ceux qui ont un important patrimoine mobilier exonéré d’impôts. L’objectif d’équilibre budgétaire actuellement, vu tout l’argent créé de nulle part par les banquiers centraux, est une fumisterie ne servant qu’à maintenir en esclavage la population.

Indéniablement les services publiques périclitent. Sans doute faut-il y voir un manque de conscience professionnelle des fonctionnaires mais aussi l’incapacité dans laquelle ils sont, de remplir leur taches compte tenu des conditions de travail. Citons deux exemples dans l’actualité: les lycées de la banlieue nord où la majorité des élèves est dépourvue de toute motivation à apprendre, l’islam n’étant pas une religion qui promeut le savoir à part celui du coran,  et où les professeurs ont baissé les bras, n’espérant plus que pouvoir venir dans les établissement scolaires sans se faire trucider. On les comprend! Un autre exemple plus show-biz: Le philosophe Michel Onfray narre à la télé l’histoire de son AVC. Pris en main par les services publics hospitaliers, personne ne découvre rien. Son ami Ardisson le pistonne pour voir un ponte en médecine. Changement de refrain, sa pathologie est découverte et traitée. Traduction: nos services publics hospitaliers sont inefficients à cause du manque de médecins et de leur obligation assez récente de soigner le monde entier, CMU oblige, forcément au détriment du citoyen français dont on ne peut pas s’occuper sérieusement.

Les services publics devraient être les garants de la devise républicaine liberté égalité fraternité. Si les combats corporatifs de fonctionnaires peinent forcément à rassembler l’ensemble de la population, une revendication pour des services publics de qualité, ce qu’ils ne sont à l’évidence pas, devrait faire exploser, une bonne fois pour toutes, le gouvernement des inégalités sociales dirigé par le président des riches et des migrants.

Frédéric Le Quer