Services publics de merde

Par lundi 23 avril 2018 Permalink 7

Samedi matin, à la poste. J’y vais une première fois à 9h30. Fermée. Elle ouvre à 10h, le samedi. Services publics, mon oeil! C’est une tannée. Entre 10h et 13h exactement pour la matinée où il y a le plus de monde… J’y retourne vers 10h30. C’est déjà le rush. Un seul guichet, évidemment. La queue jusqu’à la rue. Plus de 10 mètres de queue. On affranchit soi-même son courrier, son colis. Les automates n’acceptent pas les pièces. Juste la carte bleue. Je m’applique à suivre les directives de la machine. ça marche. A coté une vieille dame me demande de l’aider. Aucun personnel pour ça. Je m’y applique. Et puis, je vais me placer derrière la file. Elle fait 15 mètres maintenant. J’ai tout fait. J’ai tout payé. Mais j’ai encore une heure d’attente pour avoir un coup de tampon sur un ticket. Les gens sont calmes. Subissent. Se taisent. Il n’y a que les enfants pour réagir, pour s’agacer de perdre leur temps. Ils crient eux. Les adultes, non. ça fait longtemps qu’ils ont été lobotomisés, les adultes. Ils sont passifs. Passifs à pleurer. On pourrait leur faire n’importe quoi, il ne dirait rien. Ils sont corrects. Ils sont politiquement correct. En me rapprochant du but, je m’aperçois qu’ils sourient. Ils sourient au guichetier. le remercie. Lui souhaite bon week-end. Ils ont dû avaler une pillule bleue. Leur cerveau est stone. Tout est beau. -Merci Monsieur, bon week-end, Monsieur, c’était un plaisir, Monsieur! Tu parles d’un plaisir. Il faut poireauter une plombe! Mais tous ces mollusques trouvent ça bien. Les cons! Il a raison, Macron, de leur mettre leur compte. Ils ne diront rien. Plus jamais rien. La télé les a tous abrutis. Au lieu de gueuler comme des ânes, demander à voir un responsable, avoir une pulsion de vie quoi, ils sont morts, ils la ferment. Pire que des moutons à l’abattoir. Ils sont lâches. A 3 mètres du but, il y a même une sorte de PLV, un panneau publicitaire où on peut appuyer, si on veut, sur l’un des 4 boutons proposés pour donner son avis. Celui qui a trouvé ça a bien compris à qui il s’adressait. Personne ne donne son avis. Ils ont peur de laisser leur empreinte. Pourris de politiquement correct. Quand j’arrive devant, je tape sur le bouton où il y a au-dessus la tête du type qui n’est pas content. Je tape fort. Exprès. Les gens me regardent. Qu’est-ce que c’est que ce con, se disent-ils au fond d’eux! Mais rien à haute voix. Ils ne veulent pas se faire remarquer. Alors je tape une deuxième fois sur le bouton où au-dessus, il y a la tête du type mécontent. ça ne me défoule même pas… Et puis c’est à mon tour. Je dis bonjour. Le guichetier me met le coup de tampon ad hoc. Et je m’en vais.

Frédéric Le Quer