Seidenbeutlowie, Efraim et Menasze (1903-1945)

Par lundi 18 avril 2022 Permalink

Alors que les fêtes juives de Pessah continuent jusqu’au 23 avril, c’est l’occasion de s’arrêter sur les Seidenbeutlowie dont une des œuvres (en une) a été vendue la semaine dernière à l’hôtel Drouot par la maison Euvrard & Fabre.

Efraim Seidenbeutlowie et son frère jumeau Menasze étaient des juifs polonais qui n’ont pas fait le voyage en France dans les années 20, n’ont pas habité La Ruche, mais sont restés dans leur pays. L’expressionnisme de l’école de Paris les a néanmoins imprégnés le temps de leur carrière. L’art était d’ailleurs une affaire de famille, toute la fratrie y étant plongée. Mais à 25 ans c’est Efraim et Manasze qui après être passsés par les Beaux Arts obtenaient une bourse pour leur talent de peintre. Souvent l’un commençait un tableau et l’autre le finissait. Une seule signature “Seidenbeutlowie”. Ils participèrent ainsi à la biennale de Venise et reçurent aussi quelques prix. La fin de leur courte vie pourrait s’apparenter un peu à celle du Pianiste de Roman Polenski mais en tellement plus tragique encore! Avant qu’ils n’aient eu le temps de partir à Lviv en Ukraine, en 1938, ils sont internés dans un ghetto au nord-est de Varsovie. Après la dissolution du ghetto, les jumeaux sont déportés au camp de concentration d’Auschwitz. Puis leur calvaire les conduit d’abord au camp de concentration de Sachsenhausen et de là au camp de concentration de Flossenbürg. Les jumeaux y sont assassinés le 22 avril 1945, la veille de la libération du camp.

Sur le marché de l’art français les Seidenbeutlowie sont très rares. La ruelle en une, donc, présentée le 14 avril 2022, une huile sur panneau, 46 x 59 cm, fit un peu plus de 4 000 €. Le marché de l’art polonais est évidemment plus actif les concernant: Le bouquet de fleur ci-dessous fit 11 190 € et la ruelle plus bas 17 647 €.

Frédéric Le Quer

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