Sanyu ( 1901-1966 )

Par dimanche 7 novembre 2021 Permalink 1

Le Sichuan, la province des pandas géants et celle de l’opéra traditionnel qui regroupe des cracheurs de feu et des performances de changement de masques dignes de tours de passe-passe a vu naître le peintre Sanyu dans un milieu aisé et artiste, son père étant peintre animalier. Après des cours de calligraphie et de dessin, il parfait son éducation à l’université de Shanghai puis au Japon. Il a la bougeotte Sanyu; il part à Berlin puis décide de s’installer à Paris où se ruent les artistes des cinq continents entre les deux guerres; il bénéficie du programme d’études mis en place par  l’Université de Pékin avec les autorités françaises, prend des cours à La Grande Chaumière, travaille à Montparnasse commence à peindre ses sujets de prédilection sur les thèmes du nu féminin et des fleurs.

A partir de 1925, Sanyu expose au Salon d’automne, au Salon des Tuileries, au Salon des Indépendants… Il aime Picasso, son oeuvre s’apparente parfois à celle d’Henri Matisse. “Comme Foujita, il représente des femmes étendues sur de simples aplats de couleur sans réel souci de profondeur. Pour ses nus, l’artiste japonais a mis au point une technique singulière. Il prépare ses toiles pour obtenir un fond lisse et laiteux puis il dessine au pinceau fin. Sa palette se réduit au noir, au blanc et au rose”, dixit le musée Guimet.

En 1943, Sanyu s’installe définitivement dans le 14e arrondissement de Paris. S’il meurt en 1966 dans l’indifférence, son oeuvre est redécouverte depuis une bonne vingtaine d’années.

Le dessin d’une femme assise dans une bergère à la pose négligée, dépoitraillée, 33,5 x 25,5 cm, portant la signature Sanyu, en une, était proposé sans estimation jeudi 3 novembre 2021 chez Delon Hoebanx car sans garantie d’authenticité. Les enchères débutèrent autour de 200 € et l’oeuvre fut acquise après une grosse bagarre entre deux téléphones pour environ 13 000 €. Comme d’habitude dans ce genre de situation, c’est donné s’il s’agit d’un vrai Sanyu mais s’il s’agit d’un faux c’est hors de prix…

Jugez plutôt! Chez Aguttes le 2 juin 2015 deux tableaux de fleurs (ci-dessous) furent vendus 4 080 000 € chaque, 2 huiles sur toile 72 x 53,5 cm et 73 x 50 cm pour le second.

Frédéric Le Quer

 

 

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