Ruhlmann, Jacques, Emile (1879-1933)

Par dimanche 27 octobre 2019 Permalink 1

D’une famille alsacienne vivant à Paris, guerre de 1870 oblige, Jacques Emile Ruhlmann reprend l’entreprise de peinture de son père en 1902. Il la développe avec une section de décoration dans laquelle les ateliers d’ébénisterie, de menuiserie, de tapisserie et de miroiterie trouvent leur place. Très vite le succès arrive et les commandes affluent du monde entier. L’exceptionnelle personnalité de Jacques Emile Ruhlmann va agréger autour d’elle des artistes de la période art déco pour qui le raffinement réservé à une élite est l’objectif premier de chaque meuble créé comme un objet d’art. “Comme le pur-sang sélectionné et élevé à grand frais pour des courses inutiles sert en définitive à améliorer la race utilitaire du carrossier ou du cheval d’arme, l’objet de grand luxe devient l’étalon de la production courante”, dixit Rulhmann lui-même. En vue de renouer avec la haute qualité des productions du passé des formes simples alliées à des matériaux précieux exaltent des créations où sont pris les soins les plus attentifs au moindre détail décoratif ou de fabrication. Ses meubles n’ont pour autant rien d’uniforme puisque à coté de lourds bahuts ou de fauteuils massifs à l’influence cubiste, se côtoient des forment légères, élégantes, étirées et galbées.

Et maintenant quelques prix à chaque fois assez hallucinants! La table basse-boule Cabanel, en une, vendue le 22 juin 2014 par Galerie de Chartres svv, palissandre et placage de palissandre vers 1920, estampillée au fer (à noter que les meubles de Rulhmann fabriqués après sa mort ne sont plus signés), 43 x 147 x 77 cm, fit 192 000 €. Ci-dessous le fauteuil “Hydravion Berger” en cuir d’origine (très important pour la valorisation), sabots en bronze doré, fut adjugé le 26 novembre 2014 chez Digard svv à Drouot 56 880 €.

Enfin, mentionnons cette armoire de jeune fille, ci-dessous, que personnellement j’adore mais que je ne pourrai pas me payer(!), vers 1931, placage de ronce de noyer, médaillon circulaire en bronze doré, 165 x 124 x 49 cm qui fit le bonheur d’un riche enchérisseur contre 40 640 € (à noter que l’estiumation basse était à 15 000 €…).

Frédéric Le Quer

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