Roger Godchaux (1878-1956) sculpteur animalier

Par samedi 14 septembre 2019 Permalink 1

Le jardin des plantes fut fondé en 1793 avec les animaux de la ménagerie royale de Versailles, l’une des plus belles d’Europe, rescapés de la révolution. Le XIXe et le début du XXe siècle voient se succéder nombre d’artistes animaliers pour dessiner l’attitude des bêtes sauvages dans leur cage derrière les barreaux. René Godchaux est de ceux-là avec quelques choses en plus de beaucoup d’autres: il aime indéniablement les fauves qui s’y trouvent. Il ne cherche pas à styliser ses sculptures mais ses belles fontes (la maison Susse frères est son fondeur) laissent au contraire apparaître les détails de l’animal, la texture même de son pelage. Cet admirateur de Barye qui collectionne ses œuvres ne donne pourtant pas dans la violence romantique de son prédécesseur. Les attitudes de ses animaux sont paisibles et sereines même quand il évoque une chasse au tigre avec un indien qui en revient à dos d’éléphant (voir ci-dessous, vente Le Floch svv, 18 mai 2014, 29,5 x 34 x 13 cm, 37 200 €).

La carrière de René Godchaux, originaire de Vendôme débute quand il entre aux Beaux Arts de Paris en 1897 et étudie dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme, artiste orientaliste. Il participe pour la première fois au salon des artistes français en 1905 avec une sculpture célébrant un lion. Peintre en plus d’être sculpteur, il réalise des dessins en 1916 d’où il tire plusieurs lithographies animalières dont il adresse un exemplaire à Rudyard Kipling, l’auteur du livre de la jungle qui loue son talent. Après la guerre l’artiste est lancé et l’état achète en février 1928 un éléphant en bronze exposé au Salon des artistes animaliers, manifestation dont il devient le trésorier.

“La panthère humant”, oeuvre célèbre de Roger Godchaux (ci-dessous) a été vendue à Rouen par Bisman enchères en avril 2014 (19,5 x 32 x 11,5 cm) et à Paris chez Millon en mars 2019 (20,7 x 30 x 11 cm). Le résultat de la première est de 22 940 € et de la seconde 29 250 €, soit plus de 20% d’écart pour deux fontes de Susse Frères…

Autre résultat avec ce lionceau assis ci-dessous (29,5 x 30,8 x 19 cm) chez Mercier ovv à Lille qu’un collectionneur s’offrait pour 62 500 € le 16 mars 2019.

Terminons avec le groupe en bronze en une à patine brune et dorée, une lionne et son lionceau, 52 x 86 x 34 cm, toujours fonte Susse, qui chez Tessier Sarrou à Drouot le 4 mai 2017 se vendait 66 040 €.

Frédéric Le Quer

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