Robert Combas (né en 1957)

Par samedi 21 novembre 2020 Permalink 1

Un téléphone contre internet; les enchères pour l’oeuvre de Robert Combas en une dont l’estimation haute était déjà à 30 000 € ont flambé chez Audap & associés mardi 17 novembre 2020.

C’était une vente de bonne tenue, du genre à retrouver au premier étage de l’hôtel Drouot quand celui-ci est ouvert. Là, les lots défilaient des locaux du commissaire priseur devant une caméra retransmettant la vacation en direct sur le web. Au lot 86, celui de Robert Combas, il n’y avait pas que des internautes cliquant pour participer. Des clients s’étaient aussi fait appeler par téléphone. C’est au-dessus de 40 000 € que les choses sérieuses commencèrent. Une personne sur le web ne voulait pas lâcher. On sentait que le téléphone s’exaspérait devant cette résistance. Sa dernière enchère fut joué petit bras à 58 500 €. L’internaute arrondit immédiatement à 60 000 € et remporta l’acrylique sur toile (141 x 80,5 cm) pour 75 480 € frais compris.

Le succès de Robert Combas ne se dément pas. Le peintre n’aime pas le vide. Il traque le moindre espace l’emplissant de formes tarabiscotées et de couleurs criardes entourées de cernes noires. Son oeuvre a un coté exalté; il écrit lui-même: “Ma peinture c’est du rock, la recherche du Feeling. Le Feeling c’est le rythme, c’est le batteur fou dans la jungle et les danses vaudou, c’est les Rolling Stones copiant les vieux morceaux des noirs, des blues-men et sans le vouloir créant une musique nouvelle.”

Avec moins d’emphase, on dira que Robert Combas est l’une des principales figures du mouvement interdisciplinaire “Figuration libre”. C’est à Sète dans les années 70 que les bases sont jetées et c’est en 1981 que l’artiste Ben (Ben Vautier né en 1935) crée l’expression “Figuration libre”. L’aventure au commencement fulgurant avec une reconnaissance nationale et internationale quasi immédiate dure toujours avec régulièrement des rétrospectives sur les artistes en ayant été. Evidemment ce sont les œuvres des années 80, 90 qui coûtent le plus cher.

Enfin citons la vente d’un tableau prémonitoire dans le monde actuel. Intitulé “Je t’aime mon cachet d’aspirine petit” de 1986, il était adjugé le 30 janvier 2015 par la maison Art Richelieu à Drouot (acrylique sur toile 135,5 x 116 cm) 32 860 €.

Frédéric Le Quer

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