Rien n’a changé

Par samedi 18 septembre 2021 Permalink 1

Je ne résiste pas à retranscrire un court passage tiré du roman de William Somerset Maugham, “Le fil du rasoir”. Il y compare le Paris des années 1920 à celui de la fin du XIXe siècle. Rien n’a changé. Et l’auteur anglais d’être rassuré par la France éternelle! Mais pour nous, cent ans plus tard, entre 1990 et 2020, tout s’est délité…

“… Je me rendis au jardin du Luxembourg et, pendant une heure, j’admirai une fois de plus quelques tableaux que j’aimais particulièrement. Puis j’allais flâner dans les jardins, en évoquant des souvenirs de jeunesse. Rien n’avait changé. Les étudiants – ils auraient pu être les mêmes qu’autrefois – se promenaient deux par deux le long des allées de gravier, discutant avec animation les écrivains qui les passionnaient: les mêmes enfants faisaient rouler les mêmes cerceaux sous l’œil attentif des mêmes nourrices: les mêmes vieillards se chauffaient au soleil en lisant le journal du matin: les mêmes femmes sans âge et en deuil, assises sur les mêmes bancs gratuits, bavardaient du prix des légumes et des méfaits domestiques. Puis j’allai à l’Odéon feuilleter les récentes publications exposées aux étalages des galeries: et je vis des jeunes gens qui comme moi-même trente ans auparavant, essayaient sous le regard méprisant des commis vêtus de sarraus, de lire le plus possible des brochures qu’ils n’avaient pas les moyens d’acheter. Ainsi, sans me presser, j’errai, à travers les rues paisibles que j’aimais tant jusqu’au boulevard Montparnasse et au Dôme…”

Le bouleversement actuel n’était pas inéluctable. Une mondialisation maîtrisée ne devait pas entraîner une France en capilotade telle qu’on la connait de nos jours. Des incompétents nous ont dirigé et nous dirigent toujours. 2022 est notre toute dernière chance de sauver la France à condition qu’il ne soit pas déjà trop tard, ce dont je ne suis pas sûr. Le fil du rasoir…

Frédéric Le Quer

 

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