Resterons-nous des veaux?

Par lundi 20 août 2018 Permalink 4

On a souvent parlé du Brexit ici mais je ne résiste pas à mentionner deux nouvelles à ce propos qui prouvent, s’il en était encore besoin, que l’intérêt du peuple est diamétralement opposé à celui de la ploutocratie. Ces nouvelles, si elles sont entendues, aident à une meilleure compréhension de nos régimes. Les français sont des veaux mais à la lumière du brexit, ils pourraient devenir des tigres.

Au Royaume-Uni, les salaires montent à cause d’une immigration qui se tarit depuis le vote du Brexit en juin 2016 ( Chartered Institute of Personnel and Development ). La demande est passée de 24 postulants à 20 pour les emplois peu qualifiés, de 19 à 10 pour les emplois moyennement qualifiés et de 8 à 6 pour les emplois qualifiés. Sauf à être masochiste, il s’agit là incontestablement d’une bonne nouvelle pour le salarié britannique.

Un milliardaire britannique dépense 1,11 million d’€ pour financer la campagne cherchant à faire revoter le peuple. «Je donne un peu de mon argent à la campagne de People’s Vote parce que je sais que nous avons une véritable chance de changer le cours des choses». Autrement dit, les anglais ont mal voté et doivent revoter jusqu’à ce qu’ils votent bien. De George Soros à Tony Blair, les ploutocrates s’excitent dans la dernière ligne droite. Le “soft brexit” voulu par Theresa May ne leur suffit pas bien que ce ne soit déjà plus vraiment un Brexit.

Il est naturel d’étendre les oppositions qui se dévoilent outre-Manche, à ce qui se passe sur le continent. Si l’Union Européenne s’acharne tant sur la libre circulation des individus, ce n’est pas par humanisme mais dans le seul but d’accroître les bénéfices des multinationales. Depuis Maastricht voulu par Mitterrand, l’organisation supranationale s’est donnée pour but le soutien aux riches et son corollaire le creusement des inégalités. Macron est chez nous l’exécuteur des basses œuvres.

Tout est sur la table. Tout est absolument visible. Il suffit de regarder pour voir. Même le voile posé par les médias sur le but réel de l’UE se dissipe à la lumière des prises de parole au Royaume-Uni. A nous de jouer pour renverser la donne ou pour rester des veaux.

Frédéric Le Quer