Renverser ce régime inique

Par mardi 15 janvier 2019 Permalink 3

La police a annoncé qu’elle ne tirerait pas sur la foule et qu’elle était aussi là pour protéger les manifestants. Cette louable intention est celle des forces de l’ordre soudanaises qui ont décidé de ne pas prendre aveuglément fait et cause pour le gouvernement au cours des mouvements sociaux qui on lieu.

En France, à l’heure où des personnalités ayant table ouverte sur les plateaux de télévision, comme Luc Ferry, n’hésitent plus à réclamer l’utilisation des armes contre les gilets jaunes, quelle haine du peuple chez ces pourritures, nos agents devant assurer la sécurité des personnes seraient bien aise de reprendre clairement à leur compte cette déclaration car depuis le début les violences à l’encontre des protestataires sont légions.

-Les gaz lacrymogènes utilisés de plus en plus forts aveuglent de longues minutes certains manifestants. Je me souviens d’un jeune gilet jaune comparant comme il l’aurait fait d’un vin, l’air respiré la semaine précédente à celui du jour, le trouvant différent, plus piquant. On en a ri. Il n’y avait pas de quoi.

-Les tirs de flash ball ont fait perdre un œil à certaines victimes. D’autres devront supporter à vie un handicap moteur. La ligue des droits de l’homme fustige pourtant l’utilisation de ces armes encouragée par le gouvernement.

-La rumeur étayée par un article du Canard Enchaîné, selon laquelle les blindés de la gendarmerie seraient équipés d’un gaz paralysant prêt à être lancé contre la population, n’a jamais été démentie.

-La BAC (brigade anti citoyenneté!) s’en donne à cœur joie tous les samedis se chauffant comme une équipe sportive (je les ai vus) par petits groupes à l’abri des véhicules de police pour se donner du courage avant d’aller faire le coup de poing sans distinction sur tout ce qui passe. J’ai personnellement observé un pauvre gars se faire gazer à bout portant, 50 cm à peine, devant le musée Guimet, alors qu’il était seul contre 4.

Ce n’est pas une figure de style que de dire qu’aujourd’hui la France vit dans un régime autoritaire. C’est objectivement vrai. Les pouvoirs exécutifs, législatifs (parlementaires godillots) et judiciaires (par exemple, Dettinger emprisonné sans procès a un casier vierge) sont entre les mêmes mains. La presse n’assure absolument pas le contre pouvoir qu’elle devrait. Comme dans n’importe quel totalitarisme, l’opposition n’est vraiment libre de s’opposer que sur le web avec des hébergements de sites à l’étranger (Politiqart a été victime cet été d’une attaque qui eut pu le faire taire définitivement). Ailleurs seuls la doxa officielle et ses relais s’expriment la très grande majeure partie du temps laissant la portion congrue aux voix divergentes.

Néanmoins tout n’est pas noir. Samedi dernier à Paris, apparemment uniquement à Paris, les manœuvres policières malgré un déploiement de forces phénoménal, ont permis d’apaiser le mouvement social au lieu de l’envenimer. C’était la première fois que la police voulait vraiment éviter les débordements et non les attiser. Cette initiative qui ne vient surement pas du ministre de l’intérieur qui cherche la confrontation à tout prix dans l’espoir de briser la contestation (comme Macron avec ses phrases de plus en plus blessantes pour anéantir le peuple moralement), cette initiative donc est sans doute à mettre au crédit des stratèges de l’administration. Tant mieux. Il faut que reviennent maintenant dans les manifestations les 60 % de gens qui soutiennent le mouvement des gilets jaunes par procuration. J’y crois. C’est nécessaire pour renverser ce régime inique.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?