“Rendez-nous la messe”

Par mardi 17 novembre 2020 Permalink 1

“En même temps”, le gouvernement interdit les offices religieux mais il autorisera bientôt l’achat des sapins de Noel. Quel grandeur d’âme!

Dans les églises parisiennes, une messe est habituellement célébrée en semaine tous les jours vers midi. En plus du curé, elle rassemble en général une dizaine de paroissiens, tous réfugiés dans le chœur du bâtiment, prenant peu de place, espacés les uns des autres, sauf au moment de la cérémonie où ils se serrent la main et à celui où ils communient faisant la queue en attendant l’acte cannibale d’avaler tout rond le corps du Christ en chuchotant “amen”. Il y avait mille façons d’y associer les gestes barrières, nouveaux sacrements républicains, plutôt que d’interdire purement et simplement cette cérémonie qui fait du bien à ceux qui s’y présentent.

Mais ce fut niet de chez niet; les risques soi disant pris par les fidèles n’étaient pas du tout compensés par un quelconque intérêt économique. Puisque Amazon ne livre pas encore d’hosties, leur sérénité compte peu par rapport à celle des dirigeants effrayés d’être un jour tenus responsables juridiquement de négligence face à la crise sanitaire. Ils ont compris, soulagés, qu’ils pouvaient diriger le pays grâce à la sévérité de la police jamais remise en cause vis à vis des honnêtes citoyens et des amendes gratinées auxquelles ces mêmes honnêtes citoyens n’échapperont pas et paieront. Alors les oukases pleuvent sur une population tétanisée vivant ailleurs que dans les quartiers d’immigrés. Et puis, ma foi, ça évite à un fou d’allah passant dans le coin d’être tenté par un ou deux égorgements.

Cette rigueur a cependant mis très en colère les catholiques y compris les non pratiquants, beaucoup y voyant un deux poids deux mesures avec l’islam pour qui les mairies, les régions, l’état se mettent en quatre afin de facilité l’existence.

Alors du bout des lèvres le gouvernement néanmoins sensible au mécontentement de ceux qui ont représenté une partie de sa base électorale en 2017, autorise à partir de vendredi l’achat des sapins de Noel librement, comme ça, en passant dans la rue, sans recours au nouveau sésame sanitaire du clic & collect. C’est gentil. ça ne fait d’ailleurs pas de lui un aficionados du christianisme. J’ai, par exemple, des amis juifs qui font un sapin en fin d’année! L’honneur est sauf.

Frédéric Le Quer

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