Réfugiés en Grèce

Par mardi 3 mars 2020 Permalink 6

“L’UE reste déterminée à aider la Grèce et la Bulgarie à faire face à l’évolution de la situation”. Voilà en tout et pour tout ce que les grecs ont à se mettre sous la dent en ce qui concerne l’aide que Bruxelles est prête à leur apporter concernant le problème des réfugiés. C’est maigre. Guère concret. C’est flou. Et quand c’est flou… D’ailleurs pendant ce temps, les autorités turques n’acceptent en aucun cas de voir Frontex patrouiller dans leurs eaux territoriales ou sur leur territoire et offrent aux migrants les moyens matériels (prix cassés faits par les passeurs et cartes géographiques à leur disposition) d’envahir la Grèce plus aisément.

Il est probable que si Alexis Tsipras était toujours aux affaires, tous ces colons venus de Turquie qui ont peu à voir avec la Syrie mais tout à voir avec l’Afrique du nord ou la Somalie, auraient allègrement pénétré dans l’espace Schengen. On les auraient retrouvé au bout de quelques mois logeant dans une Quechua autour du périphérique parisien sous le regard attendri d’Anne Hidalgo. Mais l’Union Européenne est tombée sur un os en la personne du nouveau premier ministre grec, Kyriákos Mitsotákis, qui lors de son investiture n’a pas hésité à prêter serment sur la bible à la place du texte constitutionnel grec. Soutenu par sa population et accessoirement par Donald Trump, il ne veut plus voir entrer personne sur son territoire et s’y emploie comme s’y emploient aussi les bulgares qui ont depuis longtemps construit un mur le long de leur frontière avec la Turquie. Il suspend toute demande d’asile et fait immédiatement rapatrier dans leur pays d’origine tous les sans papiers.

Mais les forces militaires grecques sont seules à tenter de contrôler la pression exercée par des milliers de réfugiés qui, encouragés par l’appel officiel turc, cherchent à entrer, illégalement, sur le territoire grec, qui est aussi le territoire européen. Il est évident qu’une politique de fermeté clairement soutenue par l’Union Européenne paierait et ferait reculer ce qu’il faut bien appeler les assaillants. Mais l’extrême mollesse de l’organisation supra nationale fait in fine le jeu d’Erdogan.

Frédéric Le Quer

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