Qu’ils viennent me chercher

Par dimanche 29 juillet 2018 Permalink 2

La maltraitance sociale continue de s’affirmer sans pudeur, au grand jour et le “qu’ils viennent me chercher” de Macron en est la dernière incarnation. La rodomontade dénote l’état d’esprit conquérant et provoquant. Le président des riches se sent si bien protégé qu’il n’hésite plus à se rire du peuple. Son action politique exclusivement dans l’intérêt des plus forts l’exonère non seulement de toute empathie pour les faibles mais aussi d’avoir à se prévaloir de quelque résultat que ce soit. Après le taux de chômage que plus personne ne doit commenter, la croissance économique catastrophique dont se refusent de parler les grands médias, qui implique forcément la hausse de la précarité pour les français, n’est plus, non plus, considéré comme le marqueur de la politique gouvernementale. Il faudra bientôt se demander sur quoi doit-on juger ces gens au pouvoir. Et bien, il ne faut plus les juger et c’est bien là qu’est en train de se jouer le passage du régime démocratique vers un régime totalitaire. L’objectivité des chiffres doit laisser la place à l’ignoble discours actuel prônant un état toujours plus accommodant pour les riches et plus répressif pour les faibles. Même certains milliardaires comme François Pinault s’en offusquent. Peut-être sont-ils plus sensibles au dédain des “élites” qu’ils perçoivent tous les jours alors que la population n’entend que des propos édulcorés par le prisme de journalistes chargés de faire passer la pilule.

Le pouvoir s’éloigne tant des français qu’il s’enhardit à les défier avec le provocateur “qu’ils viennent me chercher”. Bien retranché derrière son idéologie célébrant, dans l’entre soi, la ségrégation de classe, il compte sur ses murs dressés, visibles et invisibles, pour mener à bien sa politique injuste. Pendant que ses tenants se gobergent cyniquement, la population est socialement, intellectuellement, financièrement rabaissée. Appauvrir et corrompre. La méthode a fait ses preuves en Afrique et dans les pays arabes.

Frédéric Le Quer