Putes à Macron

Par mercredi 11 août 2021 Permalink 1

Journalistes et policiers travaillent en France la main dans la main. Les deux corps de métier s’attachent à sauvegarder les institutions, à maintenir le pouvoir en place. Le premier par la propagande qu’il diffuse en l’appelant “vérité”. Le second par la force menaçante qu’il déploie la qualifiant de “maintien de l’ordre”. La vérité des médias s’exprime grâce au maintien de l’ordre.

Partant de ce constat, il ne fut pas étonnant d’entendre les manifestants du samedi, par un raccourci décisif et cinglant empreint de lucidité, appeler les forces de l’ordre qu’ils avaient comme toutes les semaines face à eux, “les putes à Macron”. Changement radical par rapport à 2017 quand les gilets jaunes appelaient les jeunes gens de la police à venir avec eux, en sachant bien qu’avant d’être flics, ils avaient été plus ou moins de leur milieu. Mais les autres ont depuis joué au social-traître en servant aveuglément la macronie. Quatre années de manifs hebdomadaires plus tard, ils sont devenus les putes à Macron pour un peu d’argent et un peu de vacances en plus.

Les médias ont fait le dos rond.”Putes à Macron”, les journalistes les plus téméraires et souvent les plus honnêtes ont bien relevé le slogan sans pour autant en faire des tonnes sentant souffler à leurs oreilles le vent du boulet. Les syndicats de la police, pourtant d’habitude si prompts à s’exprimer sous les sun light des plateaux télés n’ont pas été interrogés à propos de l’insulte pour la réfuter.

Cette discrétion n’a pas suffi! Comme il était attendu, les réseaux sociaux ont vite élargi le concept aux journalistes requalifiés eux aussi de putes à Macron sur Facebook ou Twitter. ça fait un lot soudé de putes à Macron, l’un justifiant l’autre et réciproquement. Aller dans la rue pour palper le pouls des français est comme être un reporter de guerre. Sans la police pas trop loin pour le protéger, rien ne dit qu’un journaliste ne s’en sorte indemne et je ne parle pas seulement des quartiers où sévit la diversité.

Donc, journalistes et policiers, même combat! Quelques républiques démocratiques ont aussi connu ça dans le temps…

Frédéric Le Quer

 

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