Plateformes de débarquement, c’est pas gagné…

Par Vendredi 13 juillet 2018 Permalink 2

La réunion d’Innsbruck des ministres de l’intérieur de l’Union Européenne a démontré les tensions existantes entre les pays. Les commentaires complètement contradictoires à propos de cette journée qui devaient mettre en musique les décisions floues prises par les chefs d’état quelques jours auparavant témoignent à eux seuls de la discorde. Les aspects pratiques pour limiter le flux migratoires sont donc reportés pour le moment en septembre.

L’histoire des plateformes de débarquement est particulièrement emblématique. Du coté de l’organisation européenne, le commissaire aux migrations Dimitris Avramopoulos s’énerve: “Est-ce que quelqu’un connaît des pays hors de l’Europe, dans la périphérie de l’Europe, qui seraient prêts à accueillir de tels camps ? Moi je n’en connais pas”. Dans le même esprit, i.e. celui où rien n’est possible et cette fois en frôlant le point Godwin le ministre luxembourgeois s’est indigné en déclarant que l’idée de ces centres hors d’Europe “ne devrait pas être discutée entre des Européens civilisés”. Ben voyons! Encore un monsieur pour qui la morale et les bons sentiments se situent au niveau de l’anéantissement des valeurs  judéo-chrétiennes ou gréco-romaines de l’Europe! Du coup, le Haut commissariat aux Nations Unies pour les Réfugiés et l’organisation internationale pour les migrations vont à la demande de Bruxelles intervenir sur la question des plateformes de débarquement. Rien de tel que de multiplier les comités Théodule pour enterrer un projet et l’UE a sorti la grosse artillerie avec ces organismes internationaux pour évidemment surseoir à la question d’interdire le sol européen aux migrants.

Mais les organisateurs autrichiens ont vu les choses très différemment. Pour le ministre de l’intérieur, “le projet de plateformes de débarquement a obtenu un large consentement. Logiquement nous allons donc passer au plan opérationnel et éventuellement mettre en oeuvre un projet pilote avec un pays en Afrique du nord”. Ces pays ont tellement besoin d’argent qu’il n’est pas impossible que l’Autriche parvienne à ses fins. D’ailleurs il est apparu hier clairement un axe fort entre trois ministres de l’intérieur et non des moindres. Devinez! Et oui, il s’agit bien des ministres allemands, autrichiens et italiens…

Et la France dans tout ça? Notre inénarrable ministre a émis l’idée de discuter gentiment avec les chefs d’état africains concernés. Et le foutage de gueule de continuer avec le gouvernement Macron!

Frédéric Le Quer