Pierre Bonnard (1867-1947)

Par samedi 11 janvier 2020 Permalink 1

Pierre Bonnard est le peintre des jours heureux. Et pourtant la vie de cet homme à femmes n’a pas été sans drame allant jusqu’au suicide de l’une d’entre elles. Il n’empêche son oeuvre faite d’une gamme de couleurs chaudes suavement lumineuses, d’aplats aux lignes souples associées à des sujets évoquant un moment subreptice mais tranquille d’intimité volée met en exergue avec un optimisme constant les petits bonheurs quotidiens.

A 20 ans, il s’inscrit à l’académie Julian où il rencontre Paul Sérusier, Maurice Denis, Paul Ranson, Henri-Gabriel Ibels, Ker-Xavier Roussel, Edouard Vuillard, enfin les futurs Nabis (prophète en hébreux). Son sort est scellé et il débute sa carrière avec le surnom que ses amis lui donne, le japonard à cause de ses cadrages inspirés des estampes japonaises. La psychologie intéresse Pierre Bonnard et toute sa carrière, toute sa vie, il peindra plutôt en atelier se servant de croquis fait sur le vif et de sa mémoire pour composer ses tableaux en toute liberté sans la contrainte du modèle. “Le souvenir de ce qui vous a saisi” pour reprendre ses mots le transforme en poète. A Henri Matisse il écrit une lettre en 1940 dans laquelle il proclame: “Comme vision, je vois chaque jour des choses différentes, le ciel, les objets, tout change continuellement, on peut se noyer là-dedans. Mais cela fait vivre.” (Gazette Drouot, Anne Foster)

Les quelques résultats suivants de vente aux enchères montrent à quel point Bonnard est inabordable pour le commun des mortels. En une “Le ballet”, une huile sur carton, 28 x 36 cm, vendue à Drouot chez Bailly-Pommery svv le 11 décembre 2013 fit 375 000 €. Ci-dessous, “La promenade” une huile sur carton aussi, 37,5 x 31 cm, fut adjugée le 29 mars 2015 chez Osenat svv à Fontainebleau 970 000 €.

“La petite fille au chat”, ci-dessous, 51 x 50 cm, fit au cours de la même vente plus d’un demi million d’euros.
Terminons par une oeuvre de jeunesse plus abordable ( tout est relatif!) représentant la ferme du grand-père de Pierre Bonnard dans le Dauphiné peinte à vingt ans, 22 x 27 cm, qui intéressa un amateur contre 15 808 € chez Catherine Chausson ovv à Toulouse, le 18 mai 2019.

Frédéric Le Quer

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