Philippe, Berger, Escure et les autres

Par lundi 13 janvier 2020 Permalink 1

La seule chose vraiment claire dans ce que souhaite transmettre Edouard Philippe à l’opinion est sa volonté répressive à l’égard des manifestants qui contestent la réforme des retraites. Il ne lâchera rien sur les lacrymos et les LBD. A bon entendeur salut!

Pour le reste le flou artistique d’une sémantique éprouvée est l’arme fatale du premier ministre. En décembre le maintien provisoire de l’âge pivot (i. e. tant que les partenaires sociaux ne trouvent pas mieux, l’âge pivot est conservé) était son credo. En janvier le retrait provisoire de l’âge pivot (i. e. à condition que les partenaires sociaux trouvent mieux sinon la notion d’âge pivot sera rétabli dans la loi) est sa nouvelle formulation. Les dirigeants de l’UNSA et de la CFDT se sont dépêchés de s’enthousiasmer pour cette fausse avancée qu’ils jugent eux décisive. Quelques heures plus tard leur base les contredit et décide de continuer le mouvement de grève. De là à penser que Laurent Escure de l’UNSA et Laurent Berger de la CFDT sont vendus au gouvernement, il n’y a qu’un pas! De là à considérer leur légitimité comme nulle vis à vis de leurs syndiqués aussi, évidemment.

Cette manœuvre triangulaire, Philippe, Berger, Escure, suffit néanmoins aux informations propagandistes pour monter en épingle la réussite du dialogue social (lol!) et sonner très vite la fin prochaine du conflit. Oubliés les gilets jaunes, la CGT, FO, et toutes les professions contestataires! Oubliée la population française globalement en désaccord avec la réforme des retraites! Et pour appuyer ce simulacre de fin de conflit, l’argument massue finit toujours par tomber dans le débat: les grévistes vont devoir retourner au travail puisqu’ils auront un moment ou à un autre besoin d’argent. Si le peuple reste un peu pantois devant ce bel argument glorifiant le dialogue social à la française (!), on sent bien en même temps qu’il convainc notre élite prête au sacrifice, prête à bien étrangler la population, pour avoir gain de cause. Notre régime admet donc sans honte chercher à affamer ses opposants. On n’avait pas vu ça en France depuis La Commune!

Comme d’habitude avec le pouvoir macroniste, il s’agit de s’attaquer au portefeuille des plus pauvres pour gonfler celui des plus riches. Mais depuis plus d’un an maintenant la société française est au bord de la guerre civile et c’est la démocratie que Macron assassine.

Frédéric Le Quer

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