Pastel d’Achille Laugé

Par samedi 19 décembre 2020 Permalink 1

Le marché de l’art est capricieux et un peintre avec l’une de ses œuvres ne peut jamais constituer une valeur refuge.

Un pastel d’Achille Laugé (1861-1944), en une, était présenté cette semaine lors d’une vente sur internet uniquement, mesures barrières obligent, par la maison Boisgirard-Antonini à Paris. On a déjà fait ici référence à Achille Laugé, un artiste farouchement néoimpressionniste qui dut mettre de l’eau dans son vin quand la mode du pointillisme se fut un peu estompée pour pouvoir vivre modestement de son art ( https://politiqart.com/achille-lauge-1861-1944/ ).

Petite parenthèse, les peintres néoimpressionnistes sont des peintres à la touche divisionniste comme celle de Seurat, à ne pas confondre avec les post-impressionnistes qui sont les peintres figuratifs à la suite des impressionnistes.

Bref, ce tableau était proposé avec une estimation assez frileuse, mais il s’agit d’un dessin, entre 5000 et 6000 €. Pourquoi, vu que la cote de l’artiste se porte plutôt mieux que cela? Je présume que l’expert avait aussi remarqué l’échec de la mise en vente du tableau ci-dessous, une huile sur toile pourtant, technique plus ambitieuse que le pastel, ravalé sur la base d’une estimation en 2017 située entre 30 000 et 50 000 €.

Dans les deux cas un chemin dans la campagne qui s’éloigne vers la gauche pour accentuer la perspective et une ligne de fuite bouchée par un horizon constitué d’une maison ou d’une église. La technique divisionniste est choisie  mais les couleurs ne sont pas les mêmes.

Et bien, les couleurs acidulées du tableau en une, du buisson ardemment jaune au premier plan, ont fait toute la différence avec celui ravalé jusqu’à hisser le prix final à plus de 45 000 €!

On peut ici penser en prenant de la hauteur à Gauguin qui lance définitivement dans l’histoire de l’art le groupe de Pont Aven et la technique du cloisonnisme grâce à un tableau dominé par le rouge alors que dans celui d’Emile Bernard semblable, antérieur  et ayant surement inspiré Gauguin, le vert n’a pas la force du rouge. Je mets ci-dessous les 2 tableaux.

Frédéric Le Quer

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