Paris est une fête!

Par dimanche 10 octobre 2021 Permalink 1

Oh, je sais, Paris est une une fête va à rebrousse-poil du fameux #SaccageParis… Et pourtant… Une fois n’est pas coutume je vais raconter mon après-midi d’hier.

Je suis parti voir la Samaritaine. Elle a diminué comme peau de chagrin mais ce qui en reste est beau. Son style discrètement art nouveau a été sauvegardé. Les poutrelles métalliques moins verdâtres que dans le temps, j’ai regretté ce manque de patine à l’ancienne, continuent néanmoins de donner un élégant aspect industriel à l’ensemble. Elégant, industriel, ça semble être antinomique, mais c’était toute la Samar dont le quartier populeux continua à ressembler à celui du “Bonheur des dames” jusqu’à la fin du XXe siècle. Maintenant plus rien à voir d’un point de vue sociologique. Finis les bons de la semeuse. Chic et cher. Mais c’était tout de même la fête vers 14 h 30 avec une espèce de jazz band dirigé par un Monsieur Loyal chauffant les allées accompagné de majorettes qui parcouraient les étages du magasin pour finir par évoluer autour d’un somptueux gâteau d’anniversaire pour les un an du nouveau magasin. La musique était entraînante et les majorettes avaient pris un sacré coup de jeune. Le numéro était au point. Elles dansaient toutes merveilleusement et levaient la jambe très haut. J’étais scotché comme un môme au rayon jouet quelques jours avant Noel, peut-être aussi parce que, depuis le passe sanitaire, plus question d’aller au spectacle.

En sortant par une grande porte dont l’aisance avec laquelle je la franchis, me rappela à l’inverse celles énormes, doubles, lourdes à ouvrir et créant un courant d’air typique à la Samaritaine, je pris les petites rues propres et désertes qui jadis grouillaient de camions de livreurs, de petits bistrots remplis de monde, de clientes affairées à trouver le bon magasin pour poursuivre leurs emplettes. Autre temps, autres mœurs. J’entrai dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois par son portail gothique de la dernière période, celle qui se heurtait déjà au commencement de la Renaissance italienne. Il n’y avait presque personne. Quelques sculptures en marbre et quelques tableaux du XIXe siècle accentuèrent mon plaisir à être venu dans l’hyper centre de la capitale.

Ensuite, me dirigeant vers l’ouest, le long du Louvre, je croisai une jeune femme somptueusement habillée en marquise, coiffée d’une fontange, suivie de quelques admirateurs jeunes, qui marchant vite, disparut comme par enchantement dans une venelle perpendiculaire à la rue de Rivoli.

Un petit gâteau devait bien terminer la promenade. Il m’arrive de prendre un macaron rue Cambon. Je n’allai pas si loin et m’arrêtai rue Castiglione pour une folie au Meurice. 17 € le coing au chocolat avec une sauce anglaise sans sucre ajouté! Une petite queue bien canalisée devant la boutique. Un monsieur charmant expliquant à l’entrée la fabrication des délices proposés. Deux serveurs aimables. Je suis parti vers les jardins des Tuileries pour boulotter ma pâtisserie.

Décidément Paris peut être une fête… à condition d’être respecté!

Frédéric Le Quer

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