Opposition

Par Mardi 1 mai 2018 Permalink 1

Les syndicats vont aujourd’hui montrer leur opposition aux mesures gouvernementales de manière dispersée. Après demain, ils tenteront de le faire sous la bannière de la convergence des luttes. Curieusement malgré le mécontentement de la population, ils ne sont pour l’instant pas plus entendus que l’opposition politique, partisane. La raison est assez évidente: ils tentent tous de trier le bon grain de l’ivraie dans l’action d’Emmanuel Macron.

L’opposant à un régime politique se doit d’être catégorique. Il ne doit pas, au moins publiquement, chercher à comprendre, justifier les positions de celui qui gouverne. Il doit les rejeter en bloc avec acharnement ou éventuellement se taire complètement. Pour la seconde manière, De Gaulle vient à l’esprit, un De Gaulle dont le passé lui permettait de rester en réserve de la IVe république pour à son heure la faire disparaître. Dans la première, Mitterrand, opposant systématique à Giscard, commentait toute l’action de celui-ci sans jamais lui rendre grâce de quoique ce soit. Il ne s’agit pas d’avoir de la tendresse pour celui qui tient les rênes du pouvoir, il s’agit d’être un loup pour le dévorer, quitte à parfois faire preuve de mauvaise foi.

Macron est l’homme des grandes entreprises. C’est pour lui un atout considérable: les 147 plus grandes multinationales créent chaque année 40% de la richesse mondiale (info France Culture, La matinale)! S’il a probablement été le troisième choix du patronat français qui a d’abord essayé de lancer Bruno Lemaire qui très vite a fait pschitt, puis qui a parié en vain sur Alain Juppé, Macron est dorénavant leur héraut. L’opposition a le devoir d’attaquer le président sous cet angle. On ne sait plus vraiment ce que pense de cela le FN depuis le départ de Philippot. La France Insoumise est bien sûr très à l’aise sur le sujet. Les Républicains n’osent pas l’aborder et ils ont tort car leurs électeurs, leur fonds de commerce, ne sont pas au cœur du cac 40 mais dans les milliers de petits entrepreneurs qui votent pour eux. Il ne s’agit pas de soutenir Ladreit de Lacharrière, Lagardère et consorts mais ces gens qui bossent 60 heures par semaine pour eux-mêmes et à qui les mesures gouvernementales en faveur du capitale et des hauts revenus n’apportent strictement rien.

Macron est l’homme de l’immigration. C’est par ce biais qu’il se targue d’être de gauche! En faisant entrer toute la misère humaine, il appauvrit les français avec un acharnement sadique. Le Front National est évidemment très à l’aise avec la question. A l’opposé la F I l’est aussi, ce qui lui nuira toujours inexorablement. Quant aux républicains, ils commencent à se faire entendre mais les mensonges passés de Sarkozy restent un boulet.

On le voit l’opposition partisane en semblant ménagée la chèvre et le chou à tous les niveaux est garante du maintien à l’Elysée d’Emmanuel Macron malgré les intérêts bien compris de la population qui sont dans le renversement le plus rapide possible de ses dirigeants. Cette absence d’opposition claire rend les syndicats timorés, un peu comme en 68 d’ailleurs… C’est le peuple qui s’est soulevé à l’époque loin des corps intermédiaires à la remorque. Ce sera au peuple encore maintenant de donner le la de la contestation catégorique et jusqu’au-boutiste, la seule de mise.

Frédéric Le Quer