On ne se sent plus chez nous

Par mercredi 31 mars 2021 Permalink 1

Une petite scène de la vie quotidienne, c’est toujours édifiant!

J’étais à la poste. Grand moment la poste! Bref je faisais la queue depuis près d’un quart d’heure quand mon tour vint enfin. J’avais un gros paquet, suffisamment gros pour ne pas pouvoir être pesé sur les automates qui laissent au client le soin de tout faire. Un représentant de la poste et de notre diversité ethnique regarde mon colis l’air dubitatif mais comme il était dans les dimensions permises ne put rien dire. Il était visiblement déçu. Mon colis faisait moins de 5 kg. On s’en aperçut après que le monsieur représentant de la poste et de la diversité ethnique m’eût emmené devant la balance ad hoc (pas celle des automates) et me dise “pesez-le” sans faire le moindre effort pour m’aider. Je bougeai la balance qui était coincée dans un trou de souris et le pesai.  J’avais donc la possibilité de payer pour un colis de moins de 5 kg sans la signature de celui qui le réceptionne. C’était moins cher qu’avec signature. Le représentant de la poste et de la diversité ethnique me dit: “Si vous voulez envoyer sans signature, il faut le peser sur un automate”. Naïvement, je le regardai surpris. Mais sans se démonter, il me les montra sans toujours faire le moindre effort alors que 5 mn plus tôt, il avait abandonné son poste de travail pendant assez longtemps laissant les clients en plan pour aider à l’envoi d’un colis vers… la Tunisie d’une autre cliente qu’il avait bien pris soin de choyer. Je lui dis: “Sur un automate le colis n’est pas assez en équilibre pour le peser. Venez voir!” Il ne bougea évidemment pas pour un homme blanc de plus de 50 ans et me répéta obstinément d’aller le peser sur un automate si je ne voulais pas de signature. Je lui demandai si il n’avait pas un bordereau “colissimo sans signature” à remplir à la main comme partout ailleurs, mais je sentis que la question le froissait tant il avait décidé de me rendre des choses simples compliquées. Je compris alors que l’histoire risquait de devenir kafkaïenne ou de finir en engueulade. J’envoyai mon colis avec signature en payant plus cher.

Voilà comment on ne se sent plus chez nous en France pour une bagatelle, certes, mais parce qu’on se rend compte dans un service public qu’être français devient un handicap pour être servi normalement.

Frédéric Le Quer

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