“On lâche rien”

Par lundi 4 février 2019 Permalink 5

Les Gilets Jaunes ont pu apparaître comme les tenants d’un mouvement consumériste. Les revendications uniquement axées sur le pouvoir d’achat manquaient d’envergure pour les personnes mieux construites politiquement. Des gens voulaient acheter. Les mesures de Macron depuis le début de son quinquennat qui les frappaient au portefeuille, les en empêchaient. Mais le temps a passé. Deux mois et demi que tout a commencé et les cris “On lâche rien” retentissent. Les derniers rendez-vous du samedi montrent qu’une remise en cause globale du système est désormais envisagée par les manifestants. Si, très rapidement, ils s’en sont pris physiquement, matériellement aux banques, des pancartes contestent dorénavant la politique monétaire de la BCE. Mais ce n’est pas tout. Samedi dernier, des Gilets Jaunes qui n’étaient pas des Black blocs, critiquaient directement notre monde envahi par les médias et la publicité (voir photos). La révolte grandit quittant l’adolescence pour entrer dans la maturité.

La crise de 2008 deviendra-telle l’an zéro d’une époque nouvelle? Voilà plus de 10 ans que la fortune des riches croît incroyablement. Non seulement à part quelques lampistes, ils n’ont jamais payé leurs dérives, mais ce choc économique leur a permis de s’enrichir sur le dos des autres. Bien joué et merci aux banquiers centraux sans légitimité démocratique évidemment. Mais voilà que le néolibéralisme craquelle de partout et partout. La croissance mondiale semble acceptable que grâce à celle des pays très en retard. Tous les indicateurs économiques avancés témoignent d’une récession possible (voir l’Allemagne). Au niveau monétaire, le tapering est complètement impossible et les banques centrales continuent d’imprimer pour reculer l’échéance du big one. Les peuples le ressentent si bien que toute élection se transforme en remise en cause du passé. La France a ratée l’occasion mais, revancharde, organise une contestation qui fait tache d’huile. A Düsseldorf, les Gilets Jaunes manifestaient ce week-end.

Le grand débat pourri de Macron ne peut pas marcher puisqu’il ne sert qu’à continuer dans la voie prise en 2008 dans l’intérêt de quelques uns. Les Gilets Jaunes se structurent politiquement petit à petit au point de discréditer les listes de diversion pour les européennes comme celle de Levavasseur. Tant que la révolte ne revendiquait que du pouvoir d’achat, elle était maîtrisable. Maintenant qu’elle combat un système elle se transforme en révolution.

Frédéric Le Quer

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