Olivier Mazerolle et la chloroquine

Par jeudi 28 mai 2020 Permalink 1

Le bon petit vieux Olivier Mazerolle qui aura bientôt 80 ans, hante les plateaux de télévision pour prêcher la bonne parole comme éditorialiste politique. Il était hier dans l’émission de Pujadas sur LCI pour témoigner de son vécu en tant qu’ancien malade atteint du covid-19. Et c’était très intéressant à plusieurs niveaux.

Mazerolle est un courtisan dans l’âme incapable de dire du mal de ceux qui gouvernent le pays qu’ils s’appellent Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande ou Macron. Il les aime tous. Il les flatte tous. Il est parfait dans le rôle du bien pensant qui explique aux français ce qu’ils doivent penser de bien de leurs dirigeants et de leur politique. Il a donc fait une très belle carrière.

Touché par le coronavirus il y a quelques semaines, il raconte son expérience assez croustillante. Compte tenu de l’absence totale de soins que lui prodigue le corps médical, son état de santé va vite en déclinant. Son inéluctable hospitalisation ne règle rien, entouré qu’il est des médecins de Molière où aucun n’est d’accord avec son collègue. Les scientifiques se ridiculisent depuis plusieurs mois et feraient mieux pour garder un certain aura déjà bien terni de rentrer à la niche. Sa fille prend les choses en main et réclame à corps et à cri un traitement à la chloroquine plutôt que rien du tout. Après une dure négociation avec les anti-chloroquine parisiens, il finit par obtenir le médicament. Tout de suite il va mieux. Une semaine après il est quasiment guéri.

Croyez-vous que Mazerolle soit reconnaissant à Didier Raoult et à son protocole de soin de quoique ce soit? Pas du tout. Il explique à la télévision et à ses interlocuteurs dont un médecin qui n’existe que parce qu’il est anti Raoult depuis le début, que sa guérison est peut-être due à un heureux hasard ou à une sorte d’effet psychologique qui a fait qu’être enfin soigné a boosté sa guérison sans que la molécule n’y soit pour quelque chose. Véridique! Lui a bénéficié d’un traitement qui l’a incontestablement guéri, mais, sans reconnaissance du ventre, il continue à nier son efficacité pour se faire bien voir de ces fameuses élites françaises fustigées par Raoult. Le courtisan est incapable de dire du mal des décisions politico-médicales prises par le pouvoir. Complètement incapable. Sa gorge se noue, les mots restent coincés, il balbutie et convient contre sa propre expérience que ceux qui ont toute sa vie été ses maîtres ont encore raison. Mazerolle est incapable de la moindre critique. On a même l’impression que, sans sa fille, il se serait laissé mourir, tué par le politiquement correct!

Voilà, on est revenu au XVIIe et XVIIIe siècle à Versailles. Pour conserver leurs privilèges nos nouveaux aristocrates sont prêts à tout. La servilité est leur raison d’être. L’œil du peuple qui souffre, est néanmoins dirigé par quelques intellectuels rebelles prenant le rôle de Rousseau, Diderot, Voltaire, pour qu’il voit sa situation. Mais avant qu’il ne la comprenne, du temps va passer, des catastrophes économiques vont se succéder jusqu’à la dernière où là comme d’habitude en France, il tranchera des têtes.

Frédéric Le Quer

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