Oh temps suspends ton vol

Par jeudi 30 avril 2020 Permalink 1

“Et vous, heures propices, suspendez votre cours!” Mais il ne s’agit plus là de savourer de quelconques délices. Il faut se prémunir des horreurs que sont la maladie et la mort. Le coronavirus sème la terreur.

Seuls 15% des gens aspirent au déconfinement, les autres préférant mettre leur vie entre parenthèses plutôt que de risquer d’être contaminés. Et à chaque jour son lot d’effrayantes nouvelles. Hier le covid-19 provoquait une maladie mystère touchant aux enfants. Avant hier un orage de cytokines, voyez-vous ça!, à l’issue fatale, forcément fatale, s’abattait sur les patients en réanimation. A cela s’ajoute un coronavirus qui, en demeurant dans l’air, rend dangereux les milieux fermés sous climatiseurs ou une immunisation sinon inaccessible du moins douteuse qui ne donne pas le courage d’être atteint une fois pour se dire qu’après on est tranquille.

La population pense alors qu’en sacrifiant le présent, elle sauvera l’avenir. Ronsard a beau lui crier “Vivez si m’en croyez, n’attendez à demain, Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie!”, les français préfèrent se terrer espérant ainsi survivre à l’adversité. Résultat, “ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés”. Et l’état frappe fort restreignant jour après jour un peu plus des libertés que chacun croyait il y a tout juste 3 mois acquises pour toujours.

Mais attention, il est plus facile de détruire que de reconstruire comme écrit Camus dans “La peste”. A force de renier sa vie passée, le citoyen est en train de donner les verges pour se faire battre. Il lâche tout avec tant d’empressement que Sibeth N’Diaye porte-parole du gouvernement n’hésite plus à lui dénier son droit aux vacances et au dépaysement. Fini le “trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit”, fini “La mer qu’on voit danser au fond des golfes clairs”, fini même l’été qui sera chaud dans les tee shirt, dans les maillots!

Avant que le jour ne soit comme la nuit, les français doivent choisir entre ouvrir grand la porte à la tyrannie comme ils le font maintenant ou affronter intelligemment le coronavirus en lâchant rien de leurs droits acquis de haute lutte. Ils sont sur la mauvaise pente.

Frédéric Le Quer

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