Nous sommes en guerre?

Par mardi 17 mars 2020 Permalink 1

Le même qui, il y a deux semaines, faisait de fausses réunions sur le coronavirus pour cacher sa véritable préoccupation qui était le passage en force de la réforme des retraites avec l’article 49.3 de la constitution, nous déclare maintenant que nous sommes en guerre. Quelle vision prospective! Quelle clairvoyance! Quel retournement de veste! Et personne ne sait plus s’il faut croire le catastrophisme présidentiel qui a débuté il y a 3 jours ou s’il s’agit encore d’une sombre magouille arrivant après les désastreux résultats de LREM aux élections municipales pour tenter de jouer la carte de l’union sacrée, l’union nationale, l’union derrière notre chefaillon aux petits pieds qui nous guide sur la voie de la bonne santé après avoir tout fait pour saccager l’hôpital public depuis son arrivée.

Durant plus d’un mois, le pouvoir n’a exercé aucun contrôle sérieux concernant l’évolution de l’épidémie sur le territoire national, la niant même comme la pleurnicheuse Agnès Buzyn, au point que les allemands, victimes collatérales du laxisme français s’en sont agacés fortement ( https://politiqart.com/covid-19-la-france-est-lamentable/ ). Maintenant Emmanuel Macron s’affole ou découvre simplement le parti qu’il peut tirer de la situation en utilisant le mot “guerre”, nouveau dress code sémantique, nouveau passe-partout pour venir en aide aux chefs d’état discrédités, à plusieurs reprises dans sa dernière, mais hélas pas ultime, intervention télévisée. Comme François Hollande qui a usé et abusé de la formule pour montrer sa détermination contre le terrorisme alors qu’il était dans les sondages au raz des pâquerettes, il s’essaye à découvrir un ennemi viral pour redorer son blason contre lequel on est évidemment tous d’accord de lutter. ça fait penser aux grandes causes nationales de Chirac il y a 20 ans contre lesquelles personne ne pouvaient trouver à redire mais qui témoignaient d’un désespérant manque d’idées politiques. Là, Macron a bien compris que son mondialisme avait du plomb dans l’aile et ne lui permettrait pas d’être réélu en 2022 et il joue les gros bras en sauveur de la patrie en danger.

Comme dirait l’autre, ça eut payé… Dans les faits, cette énorme décision de mettre la France en confinement paralyse l’économie et emmerde tout le monde. Entre l’absence totale de réaction au commencement de l’épidémie et une surréaction maintenant, le juste milieu n’est pas un équilibre qu’Emmanuel Macron a les capacités de trouver.

Frédéric Le Quer

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