Monticelli, Adolphe (1824-1886)

Par dimanche 14 avril 2019 Permalink 1

Adolphe Monticelli est “le chaînon manquant entre Delacroix et Van Gogh dans l’histoire de la peinture” peut-on lire dans le livre de référence de Claude Marumo “Barbizon et les paysagistes du XIXe”. D’ailleurs Van Gogh admirait son aîné au style reconnaissable entre tous, dont il collectionna les œuvres, sans que les deux hommes ne se rencontrassent jamais et il écrivit à son frère Théo en arrivant dans le sud de la France fin octobre 1888: “Tu sais que moi j’ai toujours l’intention de continuer la besogne que Monticelli a commencé ici”. Un tel adoubement de la part de l’un des plus grands peintres de l’histoire n’est pas rien! Et pourtant, pourtant… Quand Monticelli, peintre marseillais d’origine italienne commence son apprentissage chez Félix Ziem, il est à peu près analphabète. Mais le talent est là, à l’état brut. Il monte alors à Paris où il se lie avec Narcisse Diaz qui lui fait rencontrer Delacroix. Il accompagne lors de ses séjours parisiens Troyon, Daubigny, Rousseau, Corot à Barbizon. Mais toujours Monticelli retourne en Provence où il puise son inspiration. Alcoolique (ah! l’absinthe à l’époque!) il est en 1883 victime d’une attaque d’hémiplégie et perd cette patte, ce travail en épaisseur, cette originalité due à cet “éclatement des couleurs étalées à grands coups de brosses d’où jaillissait la lumière” qui faisait de lui un maître.

Le tableau en une (67,7 x 98 cm), huile sur bois, qui fait penser aux fêtes galantes de Watteau, a été vendu chez Marseille enchères Provence, le 27 juin 2015 pour plus de 26 000 €. L’huile sur panneau, ci-dessous, tendant vers l’abstraction, 34,5 x 68 cm, trouvait amateur le 2 mars dernier chez Leclere ovv à Marseille contre 7620 €.

Enfin terminons par l’oeuvre présentée hier, 31 x 22 cm, encore à Marseille, maison R&C ovv, bouquet de fleurs éclatant de couleurs, sur la base d’une estimation comprise entre 35 000 et 40 000 €.

Frédéric Le Quer

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