Médias et gilets jaunes

Par lundi 3 décembre 2018 Permalink 5

Médias et gilets jaunes ne font pas bon ménage. Depuis hier, les journalistes de télévision se déguisent en reporter de guerre pour constater les dégâts à Paris occasionnés par la journée de mobilisation du samedi premier décembre 2018. Mais après l’heure c’est plus l’heure! Où étaient-ils lors des émeutes? Surtout pas sur place! Seules des caméras fixes offrent des images aux téléspectateurs. Eux ne sont jamais au milieu de la mêlée, les plus hardis se planquant derrière les cordons de CRS.

Et cela en dit long. La population a maintenant compris que ceux qui devraient être guidés par le souci de l’objectivité, bossaient pour la kleptocratie contre laquelle le mouvement des gilets jaunes est dirigé. Les citoyens en veulent aux journalistes et éditorialistes de tenter depuis des lustres de les berner à chaque reportage. Dans cette période magique, les faits, le réel reprennent le dessus comme les masses savent le faire, sans distinction, sans pitié, avec outrance. Alors ces journalistes décrédibilisés ne peuvent se joindre à la population pour simplement rendre compte de ce qui se passe au moment où ça se passe. Il y va de leur intégrité physique et même de leur vie. Cette caste professionnelle s’est doucement glissée dans les oripeaux confortables de la propagande. Confortables jusqu’au moment où le pouvoir change de camp, jusqu’au moment où les humiliés relèvent la tête. Si un propagandiste médiatique pointait son nez dans une manif, il serait cuit. Les journalistes français sont tenus comme coresponsables de la maltraitance du pouvoir à l’égard des citoyens. Et c’est normal: ils se soumettent à la doxa néolibérale. Ils se soumettent et cherchent à soumettre ceux à qui ils parlent. Aveuglés par cette bien pensance qui n’est autre qu’un totalitarisme, nos médias ne valent que ce que cette profession vaut dans un régime autoritaire, i. e. pas grand chose.

Si la révolte actuelle ne remet pas encore en cause la pensée unique, celle de l’immigrationnisme et de l’écologisme, elle y met de sacrés coups de canif. Les soi-disant sauveurs de la planète qui comptent sur la transition énergétique pour se faire “un pognon de dingue” aux dépens des masses populaires n’ont pas encore gagné. Le mouvement des gilets jaunes doit continuer et les médias finiront par oser une pensée contradictoire. Ce sera le début de la victoire pour le peuple.

Frédéric Le Quer