May se bat contre les moulins à vent

Par mercredi 13 mars 2019 Permalink 1

Commençons par citer l’article 50 de l’Union Européenne: “Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’État membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.”

C’est assez clair mais le cas pratique du Brexit eut pu être un gag s’il n’était pas question en direct d’un déni de démocratie. Les parlementaires britanniques, le labour en tête, réussissent à remettre en cause le vote organisé par le premier ministre conservateur David Cameron du 23 mai 2016, trois ans déjà. Aux manettes, Jeremy Corbyn, dirigeant les travaillistes, un antisioniste notoire avec un entourage tendant nettement vers l’antisémitisme (ce n’est pas inutile de le préciser car la peur de l’immigration musulmane, a contrario, a été une raison forte dans le choix des anglais pour le brexit), secondé par des députés conservateurs qui ne se remettent pas de s’être fait avoir par le peuple, ont la volonté d’un deuxième référendum, et puis d’un troisième, d’un quatrième, etc, etc…

Pourtant les pires maux sont promis à la Grande Bretagne depuis 2016 sans qu’ils n’adviennent jamais et les résultats économiques de l’île restent bien meilleurs que ceux de la France par exemple! Mais peu importe, l’Union Européenne même là-bas est une religion pour certains et comme dirait Junker, “pas de choix démocratique en dehors des traités européens”. Alors maintenant personne ne sait si le parlement sera dissout pour des législatives anticipées anticipant elles-mêmes un futur référendum, simple avant-goût, pourquoi pas au point où en sont les britanniques, à d’autres consultations citoyennes, forcément citoyennes, au cas où les précédentes ne seraient pas conformes à ce que souhaite la ploutocratie, dirigeante outre Manche aussi. Quand vous entendez les mots “Citoyen, citoyennes” dites-vous que c’est l’arbre qui cache la forêt de tous les dénis de démocratie!

Theresa May est une première ministre honnête. Bien que la presse outre Manche (le guardian, par exemple) parle déjà de défaite humiliante pour elle, l’impression est tout autre: Les parlementaires sont pour la plupart des larrons qui prennent le risque d’une sortie sans accord pour qu’il n’y ait pas de sortie du tout parce que la propagande médiatique aura entre temps paniqué les électeurs. Alors, Brexit dur sans accord? Brexit avec prolongation des discussions avec Bruxelles qui doit se dire que tant qu’on discute, rien ne change d’autant qu’on n’y voit pas d’issue et que c’est un moyen détourné d’éviter le brexit? Des retour aux urnes à répétition?

Prenons un risque! Pas de Brexit dur. Retour aux discussions un long moment puis dissolution de la chambre dans quelques mois, puis un autre référendum quelques mois après. Le feuilleton va durer, durer, durer…

Frédéric Le Quer