Maurice Marinot (1882-1960)

Par dimanche 8 mars 2020 Permalink 1

Cette jolie vitrine, ci-contre, représentant des œuvres verrières de Maurice Marinot est visible au musée d’art moderne de la ville de Paris, encore transformé, mais cette fois pour le meilleur et en plus cette véritable réussite muséale est d’accès gratuit. Mais on en reparlera, revenons à nos moutons!

Originaire de Troyes, d’une famille de bonnetiers, Marinot débute sa carrière aux beaux arts dans l’atelier Cormon du peintre Fernand Cormon. Dès 1905, il participe au salon qui fait scandale, “la cage aux fauves”. Mais en 1911, en visitant la verrerie de ses amis les frères Viard à Bar sur Seine, il se découvre une passion pour le verre, matériau qu’il apprendra à maîtriser en autodidacte et qui fera de lui un grand artiste du XXe siècle. “Démultiplication des sous-couches, effets chromatiques, bulles résultant de l’insertion d’oxydes métalliques, jeux de relief…”, avec leurs puissants volumes, ses flacons ou ses vases se transforment en véritables sculptures gravées à l’acide, taillées, polies. Aux subtiles effets de matières obtenus s’ajoutent des formes et des décors d’une variété et d’une richesse infinies qui n’ont rien à voir avec ceux de ses illustres prédécesseurs. C’est en tant que “Anti-Galle, anti-Lalique”, comme le définit Louis Vauxcelles, l’un des critiques d’art les plus influents de l’époque, que Maurice Marinot s’impose sur la scène internationale avec des pièces uniques.

Et sur le marché de l’art, personne ne l’a oublié! Ci-dessous, le flacon méplat à panse godronné en épais verre blanc à salissures en intercalaire brun et noir, signature à la pointe, archives Florence Marinot, hauteur, 9,5 cm (vous voyez, c’est petit!) fit chez Versailles Chevau-Légers enchères le 8 décembre 2013, 21 270 € ( vous voyez, c’est élevé!).

Autre exemple ci-dessous avec le vase en verre soufflé, signé, h 23 cm qui, chez Aguttes à Lyon, fut adjugé le 12 décembre 2014, 9 180 €.

Terminons avec le flacon de 1928 facetté à la meule, ci-dessous, verre soufflé transparent, décoré d’un zigzag circulaire à fond granité, signature à la pointe, h 10,8 cm, pour lequel il fallait mettre chez Boisseau-Pomez à Troyes, la ville natale de Maurice Marinot, le 25 septembre 2010, 12 000 €.

Frédéric Le Quer

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