Maurice Le Scouezec (1881-1940)

Par samedi 18 décembre 2021 Permalink 3

Le peintre de l’entre deux guerres Maurice Le Scouëzec a été mis en lumière récemment grâce à une exposition de 2014 à la mairie du 6e arrondissement de Paris. Il n’a plus l’aura d’un Modigliani dont il était l’ami, même si parmi les “montparnos”, il était rangé à cette époque au même niveau, comme Fujita ou Vlaminck… Avec Le Scouezec aujourd’hui, c’est plus une histoire de collectionneurs éclairés, d’amateurs érudits qui savent la fascinante période artistique qui marquera à jamais l’histoire de l’art, que connut la capitale après la première guerre mondiale. On parle moins volontiers d’école de Paris quand il ne s’agit pas des peintres juifs de l’est de l’Europe venus nombreux offrir leur génie à la France. Non, on parle plutôt des peintres de Montparnasse même si tous aimaient la couleur, la mettaient en haut de leurs recherches.

Et toutes ces recherches allaient aboutir. Ils étaient en train d’émergés même s’ils mangeaient encore bien souvent de la vache enragée. Leur réputation mondiale commençait à poindre.

Maurice Le Scouezec à ce moment crucial, en bon breton qui a la bougeotte, voyageait en Afrique et rata le coche.

Il était pourtant l’un d’entre eux. Mais les portraits qu’il peignait tel un ethnologue, venus de ses terres de quête à Madagascar, au Soudan, au Niger, l’avaient accaparé. C’était trop tard quand il rentra.

Au milieu des années trente, il partit en Bretagne, à Douarnenez, finir sa vie. Il connut, là-bas, une autre période artistique, la dernière, plus mystique, disent les spécialistes. Après sa mort, 3 mille de ses œuvres restèrent dormir dans un grenier à Quimper avant qu’elles ne soient redécouvertes en 1985. Invraisemblable histoire! Le peintre mourut dans la misère. Sa femme n’y croyait plus depuis longtemps et rangea tout dans des cartons; des dessins et des huiles sur papier principalement, pas assez de moyens pour se procurer des toiles… C’est le fils bien après la mort de sa mère qui ayant trouvé le trésor, le fit connaitre et fructifier.

Le Scouezec passe donc depuis de temps en temps en salle des ventes. La semaine dernière, la maison Thierry de Maigret proposait le couple d’africains en une. L’huile sur toile, 65 x 79 cm, fit 3606 €. Ci-dessous, le nu, huile sur toile 73 x 60 cm, très école de Paris, présenté chez Gros & Delettrez à Drouot dépassa aussi les 3500 €.

Dernier exemple, pour faire le tour des trois périodes de l’artiste (Montparnasse, l’Afrique, la Bretagne) avec cette maison bretonne une huile sur papier marouflée sur toile avec le cachet d’atelier, 53 x 72 cm, qui faisait autour de 2000 € chez Artprecium à Drouot.

Frédéric Le Quer

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