Maracineanu et de Rugy: Que d’émotions!

Par mercredi 5 septembre 2018 Permalink 3

Nous vécûmes hier l’une de ces journées cruciales dans la vie d’une nation qui marque à jamais l’identité d’un pays, sa grandeur, sa destinée. Certes, il y a bien eu le remplacement de Laura Flessel par Roxana Maracineanu qui en disait déjà long sur la volonté politique de changement, inébranlable doxa du président de la république.  Emmanuel Macron faisait passer la France sportive du joug d’une escrimeuse à celui d’une championne de natation. Quel hardiesse! Quel symbolique! Tout le monde pouvait ainsi comprendre que notre immense chef d’état que la terre entière nous envie, allait dorénavant nager en eaux troubles. Rassure-toi, Manu! Le message est passé et les français sont avec toi.

Alors que ce premier bouleversement agitait les consciences partout, et qu’il eût suffi à faire jaser pendant des semaines, notre prestigieux chef d’état, plus audacieux que jamais, ne s’arrêtait pas là. Il osa ce coup de théâtre invraisemblable qui personnellement rend encore ce matin mes doigts fébriles sur les touches de l’ordinateur. François de Rugy, le deuxième homme que la terre entière nous envie, allait faire son entrée au gouvernement à la place de Nicolas Hulot. D’abord, immédiatement, je tremblais pour l’assemblée nationale. Qu’allait devenir la grande institution sans cet homme au perchoir? Allait-elle s’en remettre? L’émotion passée, je me ressaisis et je songeai à ce grand serviteur de la république n’hésitant pas à se déplacer d’un endroit à l’autre pour dépanner l’état avec une abnégation qui me fit songer à Edgar Faure (les anciens s’en souviennent!), ne renonçant jamais à danser une valse hésitation, le temps de voir de quel coté le vent allait tourner. Je ne m’inquiétai plus, la prudence de sioux de François de Rugy allait probablement faire des merveilles à la tête du ministère de la transition écologique. Dans quelques mois ce grand penseur de la nature sera-t-il toujours un ami de la faune et de la flore ou plaidera-t-il pour le chasse à cour et les centrales au charbon? Nul ne le sait, même pas lui, et c’est là qu’on retrouve alors la glorieuse incertitude du sport. La boucle est ainsi bouclée et on comprend mieux pourquoi ces deux changements ont été annoncés en même temps.

Sinon, Françoise Nyssen, une femme qui, au ministère de la culture, s’emploie à saboter des bâtisses classées monument historique, histoire d’agrandir son propre patrimoine avec des mètres carrés à plus de vingt mille euros l’unité, est restée inébranlable et inébranlée à l’inverse des murs de son hôtel particulier. La république irréprochable de Macron écœure néanmoins un peu parfois…

Frédéric Le Quer