Manifestation

Par lundi 30 novembre 2020 Permalink 1

C’est un drôle de pays que celui où tout le monde sait bien qu’aucune manifestation n’a d’impact sur le pouvoir même si elle finit en heurts violents et incendies. Les dirigeants se désintéressent des manifestants, minimisent à chaque fois leur nombre avec indécence et estiment qu’une fois la journée de revendication passée, leur politique peut continuer.

Les combats de rue évitent néanmoins que défiler ne revienne complètement à pisser dans un violon. Le rôle des black blocs est d’enflammer pas seulement les voitures mais aussi la portée des slogans contestataires en leur donnant un impact concret, physique. Quand le pouvoir est sourd, quand la faiblesse de l’instruction ne laisse plus envisager une quelconque force aux mots, il reste la violence. C’était vrai pour les gilets jaunes, c’est vrai pour les révoltés de la loi sécurité globale. Si un gout acre se répand alors dans la société,  le samedi après-midi passé chacun rentre chez soi, ce temps contestataire ne servant qu’à des débats stériles à la télé.

C’est une première dans l’histoire des luttes sociales, cette absence totale de suivi qui empêche tout changement politique. Toutes les révolutions se sont faites en plusieurs jours de suite. Les journées révolutionnaires de 1789, les trois glorieuses, la commune de Paris, les grèves de mai juin 1936 n’ont pas été des one shot! Les rebelles sont aujourd’hui incapables de s’inscrire dans la continuité. Les syndicats non plus avec leurs grèves “perlées” inutiles.

Tant que la police soutient le pouvoir en place, celui-ci ne peut donc pas être ébranlé. Souvenons-nous qu’Emmanuel Macron a eu peur un samedi que la police ne le laisse tomber au point qu’il avait fait parquer un hélicoptère dans les jardins de l’Elysée! Mais la sédition ne semble pas être à l’ordre du jour chez ces fonctionnaires. Si leur métier est un fardeau qu’ils continuent de porter, ils doivent penser qu’ils ont plus à perdre qu’à gagner en mettant à bas le régime.

Alors nous glissons vers un curieux état policier où la délinquance n’a jamais été aussi élevée, où certains département sont quasiment tenus par des gangs au vu et au su de la police qui laisse faire. Elle ne se donne plus que la seule mission de préserver le pouvoir en place en le protégeant physiquement et accessoirement pour qu’il garde une certaine légitimité, elle s’attache à faire respecter à coup de PV les règlements sanitaires ou le code de la route qui donnent l’impression fausse que le citoyen est toujours gouverné par ses élus. Le reste c’est l’ensauvagement de la société et l’impression persistante que ni la police ni le pouvoir n’apportent quoique ce soit au bien-être de la population, est forcément une bombe à retardement.

Frédéric Le Quer

 

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