Macron – Frankenstein

Par vendredi 20 mars 2020 Permalink 1

Alan Greenspan, président de la FED que la sphère financière applaudissait debout à chacune de ses conférences de presse et qui l’a renié au moment de la crise des subprime, s’était un jour exprimé ainsi: “Si quelqu’un a compris quoi que ce soit à ce que je viens de dire, c’est que je me suis mal exprimé.” Lundi dernier, pour une fois, Macron avait été clair en apparence. “Restez chez vous!” semblait être une injonction simple poussant chacun à rester chez soi à travailler ou ne pas travailler. Mais ce n’était pas ça. Il s’était mal exprimé.

La créature économique que le président a engendré avec ses propos, est en train de dépasser son créateur. Emmanuel Macron n’est pas Prométhée. Emmanuel Macron n’est pas non plus Faust. Non, Emmanuel Macron ressemble à Frankenstein. Et ce fut une nuit lugubre de mars qu’il contempla l’accomplissement de son oeuvre, pourrait-on dire en paraphrasant Mary Shelley. Le savant fou de l’Elysée en adjoignant aux citoyens pour au moins deux semaines voire plus, “Lisez! Retrouvez le sens de l’essentiel!” transforme peu à peu le pays qu’il dirige en monstre tiers-mondiste incapable de produire des richesses. Non seulement tout est à l’arrêt maintenant, mais plus personne n’ose prédire comment le pays sortira de sa profonde léthargie dans quelques semaines.

Alors Macron s’affole après son accès de démence enthousiaste qu’il partagea lors de son allocution télévisée de lundi soir. La France immobile est son hideuse progéniture. Frankenstein a semé la désolation sur son passage. Aussi dans un réflexe de survie tardif, la macronie qui n’a jamais eu peur de se contredire grâce à son concept du “en même temps”, demande aux travailleurs de retrousser les manches. Aucun français n’y comprend goutte. Le patronat se méfie du prochain retournement de veste. Les syndicats crient “à l’assassin!” imaginant déjà le salarié seul face au terrible COVID-19.

Quel fantastique retour de manivelle! Celui qui fut élu en 2017 avec comme slogan “Libérez le travail!”, devient l’homme de la décroissance. Que chacun chez soi profite tant qu’il peut de ces journées tranquilles! ça ne peut pas finir bien. Les français vont payer très cher la pauvreté produite en ce moment à cause des injonctions d’un président inconséquent.

Frédéric Le Quer

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