Macron devant les députés européens

Par Mardi 17 avril 2018 Permalink 4

Emmanuel Macron présente, aujourd’hui, devant les députés européens, son projet pour l’Union Européenne. Il l’avait déjà fait à Athènes en septembre et puis ensuite à la Sorbonne. Sa nouveauté sera sa grande marche pour l’Europe! C’est un grand marcheur devant l’Éternel, ce sportif président! C’est un grand pipeauteur devant l’Éternel aussi! C’est du flan tout ça!

Le destin tragique de l’UE est lui, à coup sûr, en marche. L’acte de décès d’une Europe soudée a été signé quand les chefs d’état ont choisi, il y a longtemps, de l’élargir au plus grand nombre possible de pays. Ce jour fut le début de la fin et depuis quelques temps cette fin s’accélère. Deux catalyseurs ont précipité la chute: la crise des subprime et la submersion migratoire venue d’Afrique et du moyen-orient.

La crise des subprime avec la façon dont Sarkozy s’en est occupé en endettant la France astronomiquement pour que les effets en soient dilués dans le temps et qu’il soit, lui, réélu en 2012 (quel échec sur toute la ligne!), a cassé le lien franco-allemand. C’est terrible d’ailleurs quand on comprend que c’est l’économie allemande qui a profité de l’argent emprunté par la France! Quoiqu’il en soit, toute réforme de la zone € est dorénavant bloquée par nos voisins. La question n’est pas de savoir si c’est juste ou injuste, ils sont économiquement les plus forts et ils décident.

L’invasion des habitants du tiers monde a créé un autre clivage peut-être encore plus profond, un clivage politique entre ce marais qualifié flatteusement de socio-démocrate (guère social, il prône une politique pour les riches et une remise à niveau des salaires dans les pays pauvres au détriment exclusif des populations des pays à l’économie avancée, guère démocrate non plus, vu la manière dont il conteste les élections qu’il perd de plus en plus souvent) et les souverainistes qualifiés péjorativement de populistes unis derrière un projet d’Europe des nations et d’un arrêt de l’immigration dont le discours entraîne l’adhésion. En s’entêtant à travailler pour les milliardaires, les instances européennes se sont définitivement éloignées des peuples européens et ne sont plus composées que d’une aristocratie démocratiquement illégitime, comme Tusk ou Junker et leurs affidés.

Et puis il y a l’écume, ces petites choses qui témoignent jour après  jour de l’impossibilité de reconstruire un projet déliquescent. Le dernier exemple en date n’est rien moins que les crétines attaques voulues par Macron à la solde des anglo saxons contre le régime de Bachar el Assad. L’Allemagne plus que réticente n’a pas du tout été écoutée par notre chef d’état. Le large vainqueur des toute dernières élections italiennes, contre les frappes lui aussi, n’a pas eu non plus son mot à dire à un gouvernement français trop suffisant.

Macron qui crie comme ceux que dénonçait De Gaulle, i. e. comme un cabri, Europe, Europe, Europe, joue seul sa partition au pipeau et c’est un requiem.

Frédéric Le Quer