L’universalisme républicain coûte bonbon

Par dimanche 9 août 2020 Permalink 1

Attention, cette chronique ne s’adresse ni aux françaises, ni aux français! Évitez même de la lire si vous êtes dans l’un de ces deux cas et au bord de la dépression! Elle ne pourrait qu’aggraver votre état. En revanche, si vous n’êtes ni française, ni français, que vous habitez quelque part sur le globe, voire dans la galaxie, la chronique vous donnera une très haute opinion de l’universalisme français, de l’universalisme républicain prônant la fraternité tel un saint personnage finissant par s’oublier sur l’autel de l’altérité.

André Malraux s’exclamait: “La France n’a jamais été aussi grande que lorsqu’elle parlait pour tous les hommes et c’est pourquoi son silence s’entend de façon aussi poignante”. Le brave homme que voilà! Qu’il se rassure, les bruits des pièces d’or ont fait place au silence. Comme il a été bien écouté! Comme Emmanuel Macron a aimé ses cours de lettres!

Quelques pays  du tiers monde n’ont pas les moyens de nourrir leurs ressortissants? Qu’ils ne s’en fassent pas la France les recevra sur son territoire, les nourrira et s’ils veulent bien les éduquera, mais là elle ne les oblige à rien. Quelques pays européens ont des problèmes financiers à cause de la crise du coronavirus? Surtout qu’ils ne s’inquiètent pas la France s’endettera pour eux. Quelques autres pays européens refusent de s’associer à cet acte de générosité? Qu’ils ne s’inquiètent pas eux non plus la France prendra leur part. Une marée noire à l’autre bout de la planète? La France arrive, court, vole,  se met en quatre pour sauver ce qui reste à sauver. Un attentat terroriste au Liban? Qu’à cela ne tienne! Macron est le premier, masque sur le nez, promet, offre, organise les secours, pleure avec la population, protège, subvient aux besoins, ameute l’opinion internationale.

Bref, la France est ces derniers temps héroïque. La France touche les étoiles. Les français dont le PIB moyen par habitant les place entre le trentième et le quarantième rang mondial selon l’organisme qui mesure, à chaque fois à peu prêt à égalité avec l’Italie, les français, donc, médusés par tant de prodigalité se demandent si il restera un petit quelque chose pour eux. Et bien non. Il ne restera rien. Mais le royaume des cieux leur appartient.

Macron témoigne d’un cœur si généreux que d’aucuns se demandent quand même s’il ne devrait pas se faire soigner…

Frédéric Le Quer

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