Luca Giordano (Naples, 1634-1705)

Par dimanche 31 janvier 2021 Permalink 1

Luca Giordano est un grand représentant du baroque napolitain. Très doué, il est capable de peindre à une extraordinaire vitesse ce qui a parfois pu le transformer en phénomène de foire. Ses pastiches d’œuvres à la manière des grands maîtres du passé ont longtemps confondu les critiques. Mais ce ne sont là qu’anecdotes. Luca Giordano a un rôle déterminant dans le renouveau de la peinture italienne à la charnière du XVIIe et XVIIIe siècle.

A ses premières œuvres, au moment de la grande peste de Naples où meurt la moitié de la population de la ville, marquées par le ténébrisme avec un clair obscur permettant un naturalisme et une violence caravagesque, se succèdent, grâce à ses voyages à Rome et à Venise qui enrichissent sa technique picturale, des productions toujours dynamiques mais lumineuses inspirées par la veine de Pierre de Cortone et marquées par la tradition vénitienne. Si ses premiers périples le voient venir tel un élève, il est considéré lors les voyages qu’il effectuera ensuite, comme un maître respecté dont les œuvres sont copiées à leur tour. Luca Giordano anticipe l’art du siècle suivant. Son influence est grandissante et sa renommée le place au centre des grandes commandes et des collections princières européennes. Ci-dessous détail de la galerie du Palazzo Medici Riccardi à Florence peinte par Luca Giordano, sans doute l’une des plus belles et des mieux conservées d’Italie d’après la Tribune de l’Art.Mais si Lucas Giordano est évoqué aujourd’hui, c’est qu’avant-hier, 29 janvier 2021, était présentée par la maison de vente aux enchères Ader, une oeuvre de l’artiste, datant de sa première manière que le catalogue date des années 1660 (en une). Sa formation à Naples chez Juiseppe Ribera y est encore perceptible mais avec des ajouts d’éléments baroques tel l’ange en haut à gauche. Bref si l’estimation basse ne dépassait pas 40 000 €, il fallut compter presque 5 fois plus (soit pas loin de 200 000 €) pour acquérir le tableau intitulée Caïn et Abel ( Cain tient la mâchoire d’âne avec laquelle il a tué Abel allongé), 194 x 145 cm, huile sur toile avec des restaurations anciennes.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?