Louise Bourgeois (1911-2010)

Par dimanche 24 mai 2020 Permalink 1

Si, à part Camille Claudel, les artistes femmes du XIXe siècle sont souvent tombés dans l’oubli, celles du XXe ont pris leur revanche mais non sans mal. Évoquons aujourd’hui Louise Bourgeois dont on connait souvent l’araignée à la gloire de sa mère. L’exemplaire en une, “Spider” 3 m de haut et 7 m de large fit 32 millions de dollars chez Christie’s à New York en mai 2019.

Mais avant les scores extraordinaires, Louise Bourgeois fut par exemple rejetée par les surréalistes, André Breton préférant cantonner la femme au rôle d’égérie qu’à celui de puissance créatrice… Il faut attendre les années 40 pour que cette frêle personne franco-américaine qui se sent profondément sculpteur commence sa carrière en créant des œuvres qui ne ressemblent à rien de ce qui se fait à l’époque. Le corps féminin du dessin jusqu’aux œuvres biomorphiques concernant souvent des parties sexuelles est son champ de recherche. Les matériaux utilisés sont nombreux allant du marbre au plâtre et au latex dans les années 60. Ayant suivi une psychanalyse une longue partie de sa vie, les thèmes de l’artiste sont très personnels, sortis de sa mémoire où se trouvaient enfouies des émotions et des anxiétés qu’elle a su rendre universelles.

Deux autres scores concernant Louise Bourgeois. Le marbre ci-dessus appelé Blacktorso numéroté 1/6, 28 x 15 cm, ne trouvait pas preneur chez Tajan à Paris le 11 mars 2014. Il faut dire que l’estimation était un peu délirante compte tenu de la taille entre 120 et 180 mille euros. Ci-dessous, “Étude de la nature”, 1996, fonte 2004, biscuit porcelaine, 73 x 36 x 43 cm, faisait chez Philips à Londres en octobre 2012 713 250 £, soit l’équivalent actuellement de 795 000 €

Frédéric Le Quer

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