Louise Abbéma (1858-1927)

Par samedi 20 juin 2020 Permalink 1

Quelques femmes au XIXe siècle ont eu une riche carrière artistique tout en étant scrupuleusement oubliée après leur mort. C’est le cas de Louise Abbéma qui connut la gloire de son vivant mais qui artistiquement trop sage, loin des courants novateurs si nombreux à cette époque, resta indifférente aux amateurs d’art du XXe siècle. Le XXIe la redécouvre doucement pour des raisons qui tiennent à sa condition féminine ou à ses origines d’immigrée italienne. De mauvaises raisons en fait, parce qu’il y en aurait de bonnes pour apprécier son immense talent.

Toute sa sensibilité apparaît dans ses portraits féminins mondains. Elle fut élève de Jean Jacques Henner et de Carolus Duran, des bons peintres académiques honnêtes mais forcément dénigrés quand on finit par se rendre compte qu’il existe aussi et surtout à la même époque le révolutionnaire Cézanne! Mais Louise Abbéma a confiance en elle et est consciente d’exceller dans l’art du portrait. C’est celui de Sarah Bernhard, disparu d’ailleurs, qui fait sensation au salon de 1876. Elle deviendra l’amie et le peintre officiel de la diva. Toutes les portes sont alors ouvertes à Louise Abbéma qui collectionne les honneurs et les médailles.

Aujourd’hui la cote de l’artiste est complètement irrégulière. Par exemple, le portrait de jeune femme avec son chien, en une, daté 1888, fit chez Vichy enchères, le 28 septembre 2013 environ 17 000 € avec au départ une estimation qui ne dépassait pas 4000! Ci-dessous en revanche, le 14 mai 2014 chez Ader à Drouot, un autoportrait au canon devant Paris, 1914-1915, huile sur panneau, signée, datée et annotée en bas à droite 24 x 33 cm ne trouva pas preneur malgré une estimation raisonnable entre 600 et 800 €. L’oeuvre sera représentée chez Beaussant Lefèvre le 2 juillet prochain entre 300 et 400 €…

Frédéric Le Quer

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